25 juin 2018
Comment faire face aux troubles de l’attention ?

Chacun de nous peut être gêné par des troubles de l’attention, notamment à cause du stress ou de problèmes de sommeil. Mais les troubles de l’attention sont aussi l’un des symptômes de la maladie d’Alzheimer.

Avoir du mal à se concentrer alors qu’on conduit en ville, ne pas réussir à suivre une conversation au restaurant, ne pas parvenir à prendre des notes alors qu’on téléphone en même temps… Autant de difficultés qui peuvent être liées aux troubles de l’attention. « Ils sont très fréquents et il ne faut surtout pas les confondre avec les troubles de la mémoire, insiste Valéry Lechenet, psychologue clinicien à l’hôpital de Sens (Yonne). « Les troubles de l’attention ne concernent évidemment pas que les personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer mais ils font bien partie des symptômes propres à cette pathologie ».

Différents types d’attention

On distingue 3 types d’attention : l’attention soutenue, qui nécessite un niveau de concentration très élevé (comme lorsqu’on conduit en ville en plein jour) ; l’attention sélective, qui implique de se concentrer sur un élément précis alors que l’on reçoit plusieurs informations (ex : suivre une conversation au milieu d’une pièce bruyante) ; l’attention divisée (ou partagée) exige enfin le traitement simultané de plusieurs tâches (ex : prendre des notes en téléphonant). « Dans le cas d’une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer, ces trois types d’attention sont atteints à des degrés différents, précise Valéry Lechenet. Le plus important est que l’aidant prenne la mesure de ces troubles pour qu’il puisse mettre en place des stratégies pour éviter au maximum que la personne malade ne se trouve dans certaines situations ».

Si nous sommes nombreux à ressentir des difficultés lorsque l’on doit, par exemple, accomplir deux tâches en même temps, une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer peut ressentir une intense frustration voire devenir irritable si elle se trouve mise en échec. Il est donc important de la préserver au maximum de certaines situations problématiques, en adaptant par exemple son environnement. « Dans une salle de bain, il peut être pertinent de limiter le nombre d’objets pour simplifier la vie de la personne malade », avertit Valéry Lechenet. Au cours d’un repas de famille, moment où la personne malade sera très sollicitée, l’aidant peut aussi mettre en place des temps de repos pour la préserver. « Pour les troubles de l’attention, on peut trouver conseil auprès d’un neuropsychologue ou d’un orthophoniste, ajoute enfin Valéry Lechenet. Mais avant tout, il est important que l’aidant accepte leur existence sans quoi il ne pourra trouver les outils pour y faire face ».

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