France Alzheimer, soutien de la recherche depuis 1988
En 1988, l’Association attribuait ses premières bourses de recherche et faisait office de précurseur en matière de soutien à la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés. Depuis la création de ses bourses, l’association a consacré plus de 24 millions d’Euros à la recherche et participé au financement de plus de 450 programmes.
Projets financés en 2024
À l’issue de l’appel à projets 2024, France Alzheimer et maladies apparentées soutient 21 projets de recherche en science médicales et en sciences humaines et sociales. Découvrez ci-dessous les lauréats et une courte présentation des projets retenus :
Appel à projets – SCIENCES MÉDICALES
BELLENGUEZ Céline
Laboratoire :
INSERM, Lille
Budget attribué :
124 966€
Titre du projet :
Impact des interactions entre gènes, et entre gènes et environnement, sur le risque de maladie d’Alzheimer
CHAPELET Guillaume
Laboratoire :
The Enteric Nervous System in Gut and Brain Disorders (TENS), Nantes
Budget attribué :
70 000€
Titre du projet :
Impact des interactions entre gènes, et entre gènes et environnement, sur le risque de maladie d’Alzheimer
CLAEYSEN Sylvie
Laboratoire :
Institut de Génomique Fonctionnelle, Montpellier
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Microbiote et maladie d'Alzheimer : extension du projet MICMALZ
DELABY Constance
Laboratoire :
Laboratoire de Biochimie protéomique Clinique, Montpellier
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Cinétique d’évolution des biomarqueurs sanguins chez les patients souffrant de troubles cognitifs légers dans la cohorte BALTAZAR.
L’objectif consiste à mesurer plus de 120 biomarqueurs sanguins chez des patients souffrant d’un déclin cognitif modéré (MCI), évoluant ou non vers la démence dans les 36 mois de suivi. La mesure sera réalisée à 2 points cinétiques (M0 et M24 mois de suivi), à l’aide d’une nouvelle technologie particulièrement innovante : le NULISA. Les biomarqueurs cibles qui pourront être simultanément dosés grâce à cette approche sont liés à divers mécanismes, en particulier : 1) le processus pathologique lié au métabolisme altéré des protéines amyloïdes et tau (Abeta 38/40/42, pTau 181/217/231, synucléine, TDP43, SOD1), 2) la perte neuronale et les phénomènes neurodégénératifs (Tau, NFL. ..). Bien que parfois très prometteurs, seuls quelques-uns de ces biomarqueurs sanguins ont en effet démontré une valeur prédictive suffisante pour être utilisés dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer (MA) et cette étude fournira, nous l’espérons, des données pour le diagnostic, le pronostic ou la conversion vers la démence des patients MCI. Outre les lésions neuropathologiques des plaques Aß et des enchevêtrements neurofibrillaires caractéristiques de la MA, les processus inflammatoires centraux et périphériques contribuent également à la progression de la maladie et les médiateurs inflammatoires, en particulier les cytokines et les chimiokines, pourraient représenter des biomarqueurs précieux pour le dépistage et le diagnostic précoces de la maladie. Les études publiées sont néanmoins souvent controversées et le rôle exact de l’inflammation dans la neurodégénérescence fait encore l’objet de débats. L’activation de la microglie et des astrocytes autour des plaques est en outre un phénomène complexe, qui se traduit par des réponses pro et/ou anti-inflammatoires. Ainsi, les biomarqueurs sanguins ciblés par notre étude incluront également : 1) ceux résultant de la réaction des cellules impliquées dans le processus pathologique, principalement les cellules microgliales et gliales (TREM, GFAP…) et 2) ceux indiquant la tentative de l’organisme de restaurer l’homéostasie (facteurs neurotrophiques…). La mesure de l’ensemble de ces 120 biomarqueurs sanguin sera ainsi réalisée aux deux points de cinétique (M0 et M24 de suivi) des patients MCI et une analyse des réseaux fonctionnels et pathologiques impliqués dans la conversion vers la démence sera ensuite réalisée.
DUMURGIER Julien
Laboratoire :
AlzCentre de Neurologie Cognitive - CMRR Paris Nord Ile-de-France
Budget attribué :
124 526€
Titre du projet :
Dépister au domicile les manifestations épileptiques associées à la maladie d’Alzheimer au moyen de dispositifs intra-auriculaires nocturnes.
Les manifestations épileptiques associées à la maladie d’Alzheimer sont fréquentes mais restent peu diagnostiquées, alors que leurs prises en charge pourraient avoir un effet bénéfique sur l’évolution de la maladie. Le diagnostic de ces manifestations est difficile, nécessitant des enregistrements EEG de longue durée en milieu hospitalier, ce qui n’est pas toujours réalisable pour tous les patients. Notre projet vise à améliorer la détection des crises d’épilepsie chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer en utilisant un dispositif innovant sous forme d’écouteur intra-auriculaire à porter durant une nuit au domicile.
Objectifs :
L’objectif principal est de détecter les crises d’épilepsie associées à la maladie d’Alzheimer en utilisant un dispositif intra-auriculaire qui enregistre l’activité cérébrale pendant le sommeil. Nous voulons montrer que ce dispositif est plus efficace que les EEG traditionnels réalisés à l’hôpital, en offrant une solution plus pratique et plus accessible pour les patients.
Nous allons également analyser la relation entre les anomalies épileptiques détectées et des marqueurs biologiques et radiologiques, et mesurer l’impact de la présence d’une épilepsie sur l’évolution à un an de la maladie.
Déroulé du Projet:
Le projet est initié par le Centre de Neurologie Cognitive de l’hôpital Lariboisière Fernand Widal (APHP, Paris) où 80 patients atteints de la maladie d’Alzheimer pourront participer à cette étude. Après une première visite d’évaluation, les patients se rendront à l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild pour un examen électroencéphalographique (EEG) de veille traditionnel, une IRM cérébrale, et une formation à l’utilisation du dispositif intra-auriculaire. Les enregistrements EEG nocturnes auront lieu au domicile des patients durant la nuit qui suit. Les données recueillies seront analysées pour détecter les crises d’épilepsie et comparées aux résultats des EEG traditionnels, un traitement des éventuelles manifestations épileptiques sera discuté si nécessaire. Les patients seront suivis pendant 12 mois avec des évaluations cliniques à 6 et 12 mois au Centre de Neurologie Cognitive pour vérifier l’évolution de leur état. Ce projet pourrait permettre une meilleure détection et prise en charge des manifestations épileptiques chez les patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, pouvant contribuer à ralentir l’évolution de la maladie chez ces patients.
GIORDANO Francesca
Laboratoire :
Lipid trafficking and membrane contact sites group/Institut de Biologie Integrative de la Cellule (I2BC), Gif-sur-Yvette
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
La jonction des Membranes Associées aux Mitochondries-Gouttelettes Lipidiques : une plateforme centrale pour la régulation du transport, du métabolisme et du stockage des lipides dans la santé et dans la neurodégénération.
HIRBEC Hélène
Laboratoire :
Institut de Génomique Fonctionnelle, Montpellier
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Découvrir le rôle d'un gène clé, Clec7a, dans la maladie d'Alzheimer pour in fine développer de nouvelles stratégies de thérapeutiques.
KOUKOULI Fani
Laboratoire :
Institut de Psychiatrie et Neurosciences de Paris (INSERM)
Budget attribué :
124 800€
Titre du projet :
Circuits cérébraux et fonctions cognitives dans la maladie d'Alzheimer.
LECOURTOIS Magalie
Laboratoire :
AlzCentre de Neurologie Cognitive - CMRR Paris Nord Ile-de-France
Budget attribué :
120 830 €
Titre du projet :
Développement d’un vaccin innovant pour inhiber les réponses immunitaires néfastes dans la maladie d’Alzheimer.
Des données croissantes mettent en évidence un rôle important de certains dérèglements du système immunitaire, incluant notamment une inflammation cérébrale, dans le développement de la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurodégénératives. Nos études antérieures ont montré que l’amplification de cellules immunitaires aux fonctions inhibitrices pouvait moduler cette inflammation cérébrale et empêcher le développement des troubles de l’apprentissage et de la mémoire dans différents modèles expérimentaux. En parallèle, nous avons également détecté des cellules immunitaires néfastes, reconnaissant certaines des protéines pathogènes responsables de la maladie et contribuant au développement de la pathologie. Sur la base de ces observations, nous proposons de développer et d’évaluer l’efficacité d’un nouveau type de vaccin visant à bloquer ces cellules immunitaires néfastes réactives contre les agrégats de protéines, en favorisant des cellules immunitaires inhibitrices spécifiques. Nous avons précédemment déjà mis en évidence l’efficacité de ce type d’approche pour contrôler les réponses immunitaires néfastes dans d’autres contextes pathologiques, y compris dans un modèle animal d’allergie alimentaire, mais aussi un modèle de maladie auto-immune ciblant le système nerveux. Ce projet vise ainsi à développer des vaccins similaires, afin d’inhiber sélectivement certaines réponses immunitaires néfastes spécifiques des protéines pathogènes associées à la maladie. Nous allons d’abord concevoir et valider in vitro ces vaccins, puis évaluer leur efficacité thérapeutique dans un modèle animal de maladies neurodégénératives. Notre projet devrait ainsi fournir la preuve de principe d’une nouvelle génération d’approche thérapeutique dans la maladie d’Alzheimer, qui pourrait à terme être appliquée à de multiples troubles neurodégénératifs associés à différents types de protéines pathologiques.
MARIE Hélène
Laboratoire :
Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire,Valbonne
Budget attribué :
118 040€
Titre du projet :
Identification de la contribution du peptide AETA dans la maladie d’Alzheimer.
MARTIN Franck
Laboratoire :
IBMC - Architecture et Réactivité de l'ARN, Strasbourg
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Une protéine plus courte que prévu dans le cerveau de patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
RAMPON Claire
Laboratoire :
Centre de Recherches sur la Cognition Animale, Toulouse
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Effets thérapeutiques du sport sur les troubles de la mémoire dans la maladie d’Alzheimer : mécanismes biologiques impliqués.
De nombreuses études ont montré que l’activité physique contribue à protéger le cerveau contre un certain nombre de pathologies, dont la maladie d’Alzheimer. Cela renvoie à la notion de réserve cérébrale et cognitive, qui traduit l’activation de mécanismes neurobiologiques capables de contrer les effets délétères de l’âge sur la mémoire et la cognition, ainsi que sur l’apparition des symptômes des maladies neurodégénératives. De nombreuses campagnes de sensibilisation fleurissent pour promouvoir le sport, car la prévention est devenue un enjeu de santé publique. Mais à quel moment de la vie l’activité physique est-elle la plus efficace pour constituer les réserves qui dureront toute la vie et protégeront notre cerveau ? L’activité physique est-elle plus efficace à l’adolescence ou au début de la maladie d’Alzheimer ? Nous répondrons à cette question et comparerons les processus biologiques sous-jacents, en examinant non seulement le cerveau, mais aussi les facteurs environnants qui permettent à tous les organes d’agir. Nous déterminerons également la contribution du microbiote intestinal dans la lutte contre le déclin cognitif.
SUBERBIELLE Elsa
Laboratoire :
Viral Infection and Neuronal Dysfunction, Toulouse
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Comprendre le rôle de l'Infection chronique dans la progression de la maladie d'Alzheimer et la réponse au traitement : de nouvelles pistes pour une meilleure lutte.
Pourquoi la maladie d’Alzheimer évolue-t-elle rapidement chez certains patients et plus lentement chez d’autres ? Pourquoi des stratégies thérapeutiques, qui font l’objet d’essais cliniques, basées sur la destruction des plaques amyloïdes par le système immunitaire du cerveau présentent des résultats variables ? C’est ce que notre projet vise à comprendre en mettant au centre de notre hypothèse des infections chroniques d’apparence silencieuses. En effet, au cours de la vie notre organisme et notre cerveau fait face à de nombreuses infections, qui façonnent son système immunitaire à long-terme. Certaines de ces infections persistent même à vie sans pour autant entrainer de symptômes, ce qui résulte de l’agilité de notre système immunitaire à garder le pathogène dans un « état de siège ». Néanmoins, en contrepartie, ce processus maintient une inflammation à bas bruit dans le cerveau, engageant des mécanismes cellulaires et moléculaires de la réponse immunitaire qui pourraient, avec le temps, affecter le déclin de la fonction neurale et la réponse à des traitements qui mobilisent ces mêmes réponses au cours de la maladie. Afin de tester notre hypothèse, nous utilisons un modèle de maladie d’Alzheimer progressif en conjonction avec une infection persistante et asymptomatique avec un microbe banal qui infecte naturellement 50 % de la population humaine. En utilisant ce modèle, nous avons montré que l’infection accélère significativement l’apparition des pertes de mémoire dans ce modèle de MA. Notre objectif est de tester si dans le cadre de l’infection, l’efficacité de thérapie de type Lecanemab est altérée, pour ensuite comprendre quels mécanismes de la réponse inflammatoire et des signaux envoyés par les neurones à cette dernière sont mis en jeu dans ces altérations. Nous proposons également de tester une piste thérapeutique qui vise à bloquer la réponse du neurone à l’inflammation.
Ainsi, comprendre comment une infection banale pourrait, en modifiant la réponse immunitaire et inflammatoire de notre cerveau, accélérer la maladie d’Alzheimer, nous permettra de mieux adapter les traitements contre la maladie en fonction du statut infectieux de patients. En élucidant les mécanismes sous-jacents, cette étude nous permettra d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques.
VALLET Alexandra
Laboratoire :
Santé Ingénierie Biologie Saint-Etienne, Saint-Priest-en-Jarez
Budget attribué :
125 000€
Titre du projet :
Comprendre la mécanique de la maladie des petits vaisseaux cérébraux pour prévenir la démence - une approche interdisciplinaire mêlant simulations numériques, intelligence artificielle et imagerie avancée.
Appel à projets – SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES
DOS SANTOS Lauriane
Laboratoire :
Maison des Sciences de l'Homme du Pacifique (MSH-P), Polynésie française
Budget attribué :
80 000€
Titre du projet :
Alzheimer et les maladies neuro-évolutives en Polynésie française : sociologie participative des besoins des publics et de l’offre médico-sociale.
BLOCH Frédéric
Laboratoire :
Laboratoire de Neurosciences Fonctionnelles et Pathologies, Amiens.
Budget attribué :
70 000€
Titre du projet :
Traitement des troubles liées à la maladie d'Alzheimer et aux maladies apparentées par des thérapies de réminiscence optimisées par la réalité virtuelle.
PINO Maribel
Laboratoire :
LUSAGE Living Lab, Paris
Budget attribué :
50 000€
Titre du projet :
Programme de formation par vidéos interactives pour les proches aidants des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer : mieux communiquer et gérer les symptômes.
Appel à projets – JEUNES CHERCHEURS
GELLE Carla
Laboratoire :
Insitut Pasteur de Lille, Inserm U1167, equipe 3
Budget attribué :
39 000 €
Titre du projet :
Étude des facteurs de risque génétiques contre la toxicité neuronale induite lors de la maladie d'Alzheimer.
La maladie d’Alzheimer (MA) est la principale forme de démence et touche près de 45 millions de personnes dans le monde. Les premiers symptômes de la MA sont, entre autres, la perte de mémoire et la désorientation spatiale. Dans le cerveau des patients atteints de la MA, la bêta-amyloïde (Aß) et tau, deux protéines majeures liées à la maladie, sont anormalement regroupées et sont toxiques pour les cellules cérébrales appelées neurones. Dans ce projet, nous avons choisi de nous concentrer sur l’effet de l’Aß sur les connexions entre les neurones, appelées synapses. Les synapses sont essentielles au bon fonctionnement du cerveau car elles permettent aux neurones de communiquer. Malgré le fait que la MA soit largement étudiée, nous ignorons toujours l’origine de la maladie, car plus de 95 % des cas ne sont pas héréditaires. Au cours de la dernière décennie, de nombreuses études comparant l’ADN de patients atteints de la MA à ceux d’individus sains ont identifié plus de 300 gènes pouvant être associés au risque de développer la MA, mais on ne sait toujours pas si et comment ces facteurs de risque contribuent à la maladie. Notre laboratoire a donc procédé à un premier criblage afin d’évaluer l’impact que ces gènes peuvent avoir sur les synapses. Pour ce faire, chacun des gènes actifs dans le cerveau ont été individuellement désactivés dans des neurones en culture et l’impact sur les synapses a ensuite été quantifié. Les gènes qui avaient le plus d’impact sur les synapses (en fortement augmentant ou diminuant la qualité des connexions entre les neurones) ont été sélectionnés pour un autre criblage plus spécifique, afin de tester leur capacité à bloquer la toxicité de l’Aß sur les synapses. En effet, nous pensons qu’en suractivant ou en désactivant les gènes sélectionnés, les synapses pourraient être protégées de la toxicité de l’Aß.
GUTIERREZ-LOLI Renzo
Laboratoire :
Institut Toulousain des Maladies Infectieuses et Inflammatoires
Budget attribué :
39 000 €
Titre du projet :
Débloquer les défenses du cerveau : lutter contre la maladie d'Alzheimer en s'attaquant à Toxoplasma gondii.
Plusieurs études ont lié les infections cérébrales à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer (AD). Dans ce contexte, l’infection par Toxoplasma gondii (Tg) pourrait potentiellement accélérer l’AD, car c’est le parasite le plus courant chez l’homme, affectant environ un tiers de la population mondiale. Tg a développé diverses stratégies pour survivre et prospérer, formant des kystes dans les neurones. Malheureusement, il n’existe aucun traitement disponible pour éliminer ces kystes. Les neurones ont des ressources limitées pour lutter contre les infections par rapport aux autres cellules immunitaires, ce qui en fait un environnement idéal pour Tg. Bien que les neurones puissent présenter des fragments du parasite à leur surface en réponse à l’inflammation, cela n’est pas suffisant pour éliminer les kystes, et comment Tg parvient à échapper au système immunitaire n’est pas entièrement compris. Bien que les mécanismes d’évasion de Tg soient inconnus, certaines de ces tactiques pourraient ressembler à celles observées dans d’autres maladies. Par exemple, les cellules cancéreuses peuvent échapper à la détection en cachant certaines molécules de surface au système immunitaire. De manière intéressante, certains médicaments utilisés dans le traitement du cancer ont montré des promesses en rendant les cellules cancéreuses à nouveau détectables. S’appuyant sur cette idée, mon projet explore le potentiel de ces médicaments pour favoriser l’élimination de Tg du cerveau, potentiellement atténuer les symptômes du léger impair cognitif et ralentir la progression de l’AD. Des tests initiaux avec l’un de ces médicaments anticancéreux sur des neurones cultivés infectés par Tg ont donné des résultats prometteurs, améliorant la capacité des neurones à lutter contre le parasite. Pour approfondir notre compréhension de ce phénomène, je prévois d’évaluer ces médicaments dans des modèles animaux vivants de l’AD, en surveillant la réponse immunitaire au fil du temps. Comprendre comment Tg échappe à la détection immunitaire dans les neurones est essentiel pour développer de nouvelles stratégies de lutte contre la progression de l’AD.
OTAEGUI Léa
Laboratoire :
Mécanismes moléculaire dans les Démences Neurodégénératives
Budget attribué :
39 000€
Titre du projet :
Protégez votre cerveau avec les lipophénols, des composés innovants pour contrecarrer l’impact des polluants environnementaux.
Les espèces carbonylées réactives (ECR) sont de petits aldéhydes hautement réactifs et toxiques auxquels nous sommes constamment exposés via la fumée de cigarette, la pollution atmosphérique, ainsi que notre alimentation. Les ECR induisent des altérations irréversibles des biomolécules, entraînant des mutations et des pertes de fonctions connues sous le nom de stress carbonylé (SC). L’acroléine est une ECR particulièrement présente dans notre environnement et qui peut également être générée de façon endogène en réponse à l’augmentation du stress oxydant associée au vieillissement [1]. L’augmentation significative des quantités d’acroléine cérébrale et du SC chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer (MA) suggère un lien entre l’exposition aux ECR et le développement de cette pathologie [2]. Nos collaborateurs chimistes ont développé des composés hybrides appelés lipophénols, associant les propriétés antioxydantes des polyphénols, neuroprotectrices des acides gras poly-insaturés et possédant un groupement alkyl ciblant spécifiquement le SC. Ces composés, qui ont été testés avec succès dans des modèles in vitro et in vivo de dégénérescences maculaires, pourraient avoir un potentiel thérapeutique intéressant dans le cadre la MA. Mon projet a donc pour objectifs 1) de préciser l’impact du SC dans l’étiologie de la MA, et 2) d’évaluer le potentiel thérapeutique d’un lipophénol pré-sélectionné sur la base d’un screening in vitro, dans deux modèles murins de la MA.
VALAY Louis
Laboratoire :
Institut du cerveau
Budget attribué :
39 000€
Titre du projet :
Rôle des vaisseaux sanguins cérébraux dans la formation d’angiopathie amyloïde cérébrale lié à la maladie d’Alzheimer.
Les formes sporadiques de maladie d’Alzheimer (MAs) et les formes génétiques dans lesquelles le gène APP situé sur le chromosome 21 est surexprimé (duplication du gène APP (APPdup) ou syndrome de Down (SD) correspondant à une trisomie 21), partagent des similarités telles que les pathologies Tau et amyloïde (Aß). Pourtant, les profils et quantité de
dépôts Aß dans le cerveau varient, notamment au niveau des vaisseaux sanguins, pouvant conduire à une angiopathie amyloïde cérébrale (AAC)[1], [2], [3], [4], [5], [6], [7]. L’équipe a montré que l’AAC est plus importante dans les cas d’APPdup, moindre dans le SD et plus faible dans les MAs, suggérant ainsi un lien entre la surexpression de l’APP et l’AAC mais aussi la présence de facteurs de protection sur le chromosome 21 dans le SD (article en révision dans Acta Neuropathologica). La barrière hémato-encéphalique (BHE) protège le cerveau de la circulation sanguine grâce, en partie, à une monocouche de cellules endothéliales (CE), fortement liées par des jonctions serrées et adhérentes[8]. L’origine des différences dans les dépôts vasculaires d’Aß entre MAs, APPdup et SD n’est pas connue. De plus, même si les CE cérébrales sécrètent des peptides Aß et jouent un rôle dans la clairance des dépôts d’Aß, leur rôle dans l’AAC reste à ce jour incompris et très peu étudié. Le projet de thèse vise à caractériser et à comprendre le rôle des CE dans le développement et la gravité de l’AAC dans la MA en étudiant les cas d’APPdup et le SD.





