La recherche, c’est quoi ?

Comment apparaît la maladie d’Alzheimer ? Pourquoi certaines personnes vont tomber malades jeunes, quand certains attendront 90 ans sans trouble de la mémoire particulier ? Boire un verre de vin, c’est bon pour mon cerveau ? À quand un médicament efficace contre la maladie ?

Face à la maladie, comme face à tant d’autres phénomènes de la nature, l’homme se pose de nombreuses questions pour comprendre son origine et mettre à profit les connaissances acquises pour tenter de maîtriser, voire de corriger, de tels événements.

Pour répondre à ces questions, nos sociétés ont développé ce que l’on appelle la démarche scientifique, une méthode de travail qui a émergé et s’est affiné au fil des siècles.

La démarche scientifique repose sur plusieurs fondements.

  • L’observation: avant de comprendre les mécanismes qui sont en jeu dans un phénomène inconnu, les chercheurs vont dans un premier temps le décrire le plus précisément possible. Ils vont se munir pour cela d’outils adaptés à leur objet d’étude : un télescope pour étudier les corps célestes, un microscope pour observer les structures invisibles à l’œil nu comme les cellules ou les atomes, ou encore des tests et autres questionnaires pour mieux décrire l’état physique et psychique des personnes.
  • L’hypothèse: les chercheurs font ensuite formuler une hypothèse qui permet d’expliquer comment les phénomènes apparaissent et de formuler des prédictions sur l’évolution de l’objet étudié. Par exemple, des chercheurs ayant précédé Pasteur ont fait l’hypothèse que la rage était due à l’infection par un virus. Forts de cette hypothèse, ils ont prédit que la maladie pouvait être transmise d’un individu à l’autre par la salive.
  • L’expérimentation: afin de valider ou de réfuter l’hypothèse formulée, les chercheurs vont mettre en place des expériences. L’objectif est de réaliser dans un environnement contrôlé une série de manipulations dont on attend un certain résultat prédit par l’hypothèse. Pour reprendre l’exemple de la rage, on va prélever de la salive sur un animal malade et la faire ingérer à un animal sain, afin de voir si ce dernier va développer la maladie. Si ce résultat est conforme à l’hypothèse, celle-ci s’en trouve renforcée et formera au fil du temps un consensus au sein de la communauté scientifique. Puis, il peut arriver qu’une nouvelle observation vienne remettre en question l’hypothèse jusque-là communément admise, relançant ce cycle de la connaissance…

Selon le sujet étudié, les méthodes utilisées vont être différentes. On peut ainsi distinguer plusieurs champs de la recherche qui vont diverger dans leurs moyens comme dans leurs objectifs.

La recherche fondamentale a pour but d’accumuler de nouvelles connaissances pour expliquer des phénomènes encore incompris. Elle n’a pas pour finalité première une application directe, comme la construction d’un objet ou le développement d’un médicament. La recherche fondamentale repose principalement sur des expériences en laboratoire, le plus souvent réalisées sur des objets d’étude « simplifiés » que l’on appelle des modèles, afin d’isoler les éléments étudiés pour mieux en observer les effets. Par exemple, si des biologistes veulent étudier le rôle de la protéine Tau dans la maladie d’Alzheimer, ils vont commencer à étudier cette protéine au laboratoire sur des cultures de cellules, où il est plus « simple » de l’observer par microscope et d’identifier son influence que chez un animal, voire une personne humaine.

La recherche clinique s’intéresse plus directement à l’homme (et à la femme). Elle se fonde sur les résultats de la recherche fondamentale pour mettre au point puis évaluer l’intérêt de nouvelles stratégies thérapeutiques ou de nouveaux outils diagnostiques. Elle permet ainsi de faire progresser la prise en charge des maladies dans toutes ses composantes : efficacité en termes de mortalité, d’effets secondaires et de tolérance des traitements, de qualité de vie… La recherche clinique va également s’intéresse également aux questions de prévention afin d’identifier les facteurs qui peuvent augmenter ou diminuer le risque de développer une maladie, que ces facteurs soient d’origine biologique (comme une prédisposition génétique), environnementale (comme la pollution) ou comportementale (comme l’alimentation ou le tabagisme).

La recherche en sciences humaines et sociales va étudier l’individu, qu’il agisse seul ou en groupe. Elle concerne de nombreuses disciplines : l’économie, les sciences politiques, la géographie et l’histoire, mais aussi la littérature, l’éducation. Dans le champ de la santé, les sciences humaines et sociales mobilisées sont principalement la sociologie et la psychologie. Elles vont ainsi étudier par exemple les inégalités sociales de santé, les relations entre le malade, le corps médical et la société, ou encore les interventions sociales qui peuvent avoir un impact sur le bien-être des personnes concernées par la maladie.

Tous ces champs de la recherche sont amenés à interagir les uns avec les autres pour prendre en compte la complexité des phénomènes qu’ils étudient. On parle alors d’approche pluridisciplinaire, faisant intervenir des chercheurs de divers domaines d’expertise qui mettent en commun leurs savoirs et leurs méthodes de travail pour mieux décrypter les phénomènes étudiés et les maîtriser.

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