Déremboursement des médicaments dits « anti-Alzheimer » « Ne laissons pas une injustice s’installer »

17 octobre 2018
Déremboursement des médicaments dits « anti-Alzheimer » « Ne laissons pas une injustice s’installer »

Si nous la redoutions depuis longtemps, l’annonce officielle du déremboursement des médicaments dits anti-Alzheimer a malgré tout été un terrible coup dur pour de nombreuses familles.

Une décision contestée et contestable, à laquelle ne peuvent se résoudre ceux qui comme nous, s’engagent au quotidien pour les personnes malades et leurs proches.

Après avoir déposé un recours devant le Conseil d’Etat, dont nous attendons désormais une réponse, nous avons souhaité montrer les effets, déjà visibles, de cette décision sur la vie de ceux à qui sont prescrits ces médicaments.

Le sondage que nous avons réalisé et auquel ont participé plus de 2 500 personnes, met en avant des chiffres qui parlent d’eux-mêmes. Quatre sondés sur cinq sont opposés à cette décision. Une personne interrogée sur trois a arrêté, ou envisage d’arrêter son traitement  à cause du coût, désormais plus élevé.

D’autres conséquences sont à redouter. La rupture du lien avec les médecins spécialistes, quand il n’y a plus de médicaments à prescrire, mais aussi les différences de prix, déjà sensibles, d’une pharmacie à une autre.

S’ils ne guérissent pas la maladie, les médicaments dits anti-Alzheimer soulagent de nombreuses personnes malades en limitant les troubles, ce que confirment de nombreux neurologues, qui avaient exprimé leur point de vue, il y a déjà plus d’un an, dans une tribune publiée dans le journal Libération.

Que dire aussi de toutes les études qui ont démontré l’efficacité des médicaments et prouvé que lorsque les patients arrêtent leur traitement, leurs fonctions cognitives déclinent plus rapidement ? L’efficacité ciblée de ces médicaments, France Alzheimer ne l’a jamais niée et s’est toujours gardée de toute généralisation. En attendant que les études en cours ouvrent de nouvelles pistes vers des traitements plus performants, nous ne pouvons laisser une injustice d’installer. Celle qui consisterait à priver certaines familles de l’accès à ces médicaments, pour des raisons uniquement financières.

Joël Jaouen, Président de l’Union Nationale France Alzheimer et maladie apparentées