Évolution des biomarqueurs sanguins chez les patients souffrant de troubles cognitifs légers
Cinétique d’évolution des biomarqueurs sanguins chez les patients souffrant de troubles cognitifs légers dans la cohorte BALTAZAR
125 000 €
Constance DELABY, lauréat des appels à projets Sciences médicale 2024 financés par France Alzheimer, nous détaille les enjeux de son projet de recherche.
L’objectif est de mesurer plus de 120 biomarqueurs sanguins chez des patients souffrant d’un déclin cognitif modéré (MCI), évoluant ou non vers la démence dans les 36 mois de suivi. La mesure sera réalisée à 2 points cinétiques (M0 et M24 mois de suivi), à l’aide d’une nouvelle technologie particulièrement innovante : le NULISA. Les biomarqueurs cibles qui pourront être simultanément dosés grâce à cette approche sont liés à divers mécanismes, en particulier :
1) le processus pathologique lié au métabolisme altéré des protéines amyloïdes et tau (Abeta 38/40/42, pTau 181/217/231, synucléine, TDP43, SOD1),
2) la perte neuronale et les phénomènes neurodégénératifs (Tau, NFL. ..).
Bien que parfois très prometteurs, seuls quelques-uns de ces biomarqueurs sanguins ont en effet démontré une valeur prédictive suffisante pour être utilisés dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer (MA) et cette étude fournira, nous l’espérons, des données pour le diagnostic, le pronostic ou la conversion vers la démence des patients MCI.
Outre les lésions neuropathologiques des plaques Aß et des enchevêtrements neurofibrillaires caractéristiques de la MA, les processus inflammatoires centraux et périphériques contribuent également à la progression de la maladie et les médiateurs inflammatoires, en particulier les cytokines et les chimiokines, pourraient représenter des biomarqueurs précieux pour le dépistage et le diagnostic précoces de la maladie. Les études publiées sont néanmoins souvent controversées et le rôle exact de l’inflammation dans la neurodégénérescence fait encore l’objet de débats.
L’activation de la microglie et des astrocytes autour des plaques est en outre un phénomène complexe, qui se traduit par des réponses pro et/ou anti-inflammatoires. Ainsi, les biomarqueurs sanguins ciblés par notre étude incluront également : 1) ceux résultant de la réaction des cellules impliquées dans le processus pathologique, principalement les cellules microgliales et gliales (TREM, GFAP…) et 2) ceux indiquant la tentative de l’organisme de restaurer l’homéostasie (facteurs neurotrophiques…).
La mesure de l’ensemble de ces 120 biomarqueurs sanguin sera ainsi réalisée aux deux points de cinétique (M0 et M24 de suivi) des patients MCI et une analyse des réseaux fonctionnels et pathologiques impliqués dans la conversion vers la démence sera ensuite réalisée.





