26 novembre 2021
Le rôle clé du médecin généraliste

S’il n’agit pas seul, le médecin généraliste joue un rôle essentiel pour la personne malade et les aidants, tout au long de la maladie.

Le médecin généraliste joue un rôle très important pour les personnes touchées par la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Et pas seulement pour la pose du diagnostic.

« C’est une prise en charge au long cours, tout au long de la maladie », explique Paul Frappé, président du Collège de la médecine générale. «Le fait de désigner un médecin comme médecin traitant en fait également un confident. Ce sera le référent médical qui a une connaissance plus fine des éléments de santé du patient, de ses priorités. Ça lui donne aussi la possibilité d’être proactif, de programmer des dépistages ou de faire des suggestions par exemple.»

« Et le médecin généraliste n’est pas seul dans son coin », poursuit le Pr. Frappé. «Il perdrait grandement en efficacité dans son action s’il agissait de la sorte.
Il doit agir de manière coordonnée et intégrée avec les autres intervenants médico-sociaux ainsi qu’avec les aidants. Le médecin généraliste et l’aidant ou les aidants ont d’ailleurs un rôle à jouer l’un envers l’autre. L’aidant peut alerter le médecin sur tel ou tel sujet et le médecin doit de son côté renvoyer un miroir professionnel pour permettre aux aidants d’avoir une information avec moins d’affect, plus médical, pour les déculpabiliser.
Il doit aussi veiller à l’état de santé de l’aidant.»

Face aux critiques d’un manque de formation de certains médecins généralistes, ce qui engendre une certaine errance diagnostique, Paul Frappé se veut nuancé. « Nous ne sommes pas dans une situation où l’on parle d’une entorse de la cheville et où on la voit à la radio. Là, le diagnostic est simple et la prise en charge est immédiate. Les maladies d’Alzheimer et apparentées sont aspécifiques. Elles se traduisent de manières différentes. Les troubles apparaissent aussi petit à petit. C’est compliqué de faire la part des choses. On ne peut pas se permettre non plus de sortir l’artillerie lourde, de lancer des examens à tout va, dès que l’on a une plainte de troubles de la mémoire. On serait maltraitant en tant que professionnel de santé… Il ne faut pas faire du médecin généraliste un apprenti neurologue ou un apprenti gériatre. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’il faut changer le regard sur la maladie. Pendant longtemps, en médecine générale, on pensait que l’enjeu diagnostique était sans importance puisqu’il n’y a pas de traitement curatif.»

Ce regard doit évoluer, et les formations doivent aller en ce sens, insiste encore le Pr. Frappé, pour qui les médecins généralistes doivent aussi s’appuyer sur des structures et des associations comme France Alzheimer et maladies apparentées pour aider les personnes malades et les aidants.

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