8 mars 2018
Jean-Marie Galey, de Plus belle la vie : « Le personnage de Jocelyn permet de dédramatiser la maladie d’Alzheimer »

Dans la série Plus belle la Vie, Jean-Marie Galey  incarne un personnage touché par la maladie d’Alzheimer. Une mission très importante pour le comédien qui espère que son rôle participera à changer le regard sur les personnes malades.

Comédien dans la série à succès Plus belle la vie, Jean-Marie Galey incarne depuis plusieurs saisons le personnage de Jocelyn Sandré, un grand-père « baba cool » qui, avec son épouse Yolande, squatte l’appartement de leur fille et de leur gendre. Au fil des épisodes, Jocelyn perd peu à peu la mémoire. Il finit par consulter un médecin qui diagnostique chez lui la maladie d’Alzheimer. Pour aborder ce thème, le producteur de Plus belle la vie, Sébastien Charbit, s’est rapproché de l’association France Alzheimer et maladies apparentées. Déni de la maladie, mise en place de stratégies adaptées, rôle joué par les aidants… A travers le personnage de Jocelyn, ce sont toutes les conséquences liées  à la maladie, directes et indirectes, qui sont évoquées.

Pouvez-vous nous présenter le personnage de Jocelyn que vous incarnez dans la série Plus belle la vie ?

Jean-Marie Galey : Jocelyn est un personnage très haut en couleurs, il fume du cannabis régulièrement, il se retrouve souvent dans des situations amusantes… C’est justement à cause de son caractère que les auteurs ont choisi ce personnage pour parler de la maladie d’Alzheimer. Jocelyn est un peu filou, il n’hésite pas à se dépeindre dans les pires situations pour récupérer un peu d’argent par exemple. Mais il reste aussi très digne face à la maladie, il note tout dans un carnet, sa « petite mémoire en papier » comme il l’appelle. Il sait aussi recadrer ses proches quand ces derniers en font trop. Il était important de choisir un personnage comme celui de Jocelyn car les gens ont très peur de la maladie d’Alzheimer, il faut dédramatiser.

Retrouvez l’épisode de Plus belle la vie du mardi 06 mars ici 

Quels aspects de la maladie sont évoqués dans la série ?

J-M G : Le but est justement de montrer tous les aspects. Dans un premier temps, Jocelyn a dû gérer l’arrivée de la maladie. La question des aidants est aussi abordée. Dans une scène on voit par exemple la famille de Jocelyn coller des post-it partout, jusque sur la brosse des toilettes ! Il y a des scènes très comiques mais aussi des séquences beaucoup plus fortes, où on le voit par exemple se disputer avec sa femme, alors qu’ils s’aiment pourtant profondément. Il faudra aussi montrer les aspects les moins réjouissants comme certaines crises… mais cela sera toujours montré avec pudeur.

Le cinéma et la télévision évoquent rarement le sujet de la maladie d’Alzheimer, comment expliquez-vous cette réticence ?

J-M G : Pour moi, c’est totalement absurde et cela est certainement lié à la méconnaissance de la maladie. Les producteurs ont peut-être aussi peur d’effrayer un peu les spectateurs avec ce sujet. Et quand un film, même très bon, aborde ce thème comme c’est le cas de « Still Alice », l’aspect « dédramatisation » de la maladie manque un peu selon moi.

En tant que comédien, comment avez-vous vécu ce rôle ?

J-M G : Quand les auteurs m’ont annoncé que j’allais interpréter une personne malade d’Alzheimer, je l’ai pris comme un très beau défi. Ce genre de rôle est très intéressant pour un acteur car on incarne un personnage hors du commun qui fait face à des situations ordinaires. Et puis pour un acteur, c’est très bon d’avoir une mission. Plus belle la vie est une série très populaire (près de 7 millions de téléspectateurs), qui peut vraiment permettre de porter un message. Les gens me reconnaissent dans la rue et veulent échanger avec moi au sujet du personnage de Jocelyn. Quoi qu’il arrive dans ma carrière, ce rôle restera l’une de mes plus grandes expériences.

«  Avec l’aide des collaborateurs de France Alzheimer, Jean-Marie Galey (2ème à gauche) veut faire découvrir le théâtre aux personnes malades » 

Quel regard portez-vous sur la maladie d’Alzheimer désormais ?

J-M G : Avant d’entrer en contact avec France Alzheimer et de pouvoir avoir des conversations avec des personnes malades, je ne pouvais imaginer qu’elles puissent ressentir de telles émotions. En les côtoyant, je me suis rendu compte qu’elles étaient plus vivantes que beaucoup de personnes bien portantes que je connais. Il y a beaucoup d’échanges, des moments magnifiques. J’ai été très marqué par certains témoignages et aujourd’hui je peux dire que j’ai perdu toute appréhension vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer.

Avez-vous des projets avec les personnes malades que vous avez rencontrées ?

J-M G : J’avais tout d’abord proposé à une personne malade de lire des textes de théâtre, alors on a organisé deux séances de lecture. Cette première expérience a été formidable alors je compte la poursuivre avec une séance entière d’approche des techniques théâtrales pour travailler sur le volume, la voix… Le théâtre est formidable pour eux, c’est une activité qui permet de se sortir de soi-même, de se libérer, ne serait-ce qu’un instant. Au départ, je leur avais proposé de jouer Phèdre, une pièce de Racine, mais ils ont insisté pour jouer autre chose donc on jouera une pièce plus comique !

Retrouvez l’épisode de Plus belle la vie du mardi 07 mars ici

(Crédit photo : Olivia Fryszowski)

 

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