29 octobre 2020
Herpès et Alzheimer : un lien viral ?

Depuis 1988, France Alzheimer et maladies apparentées participe aux progrès scientifiques en finançant les travaux menés par les équipes de recherche dans tous les domaines, de la recherche fondamentale à la recherche clinique en passant par les sciences humaines et sociales.

Pour cela, l’Association sélectionne chaque année les projets de recherche les plus prometteurs avec l’appui de son conseil scientifique, composé d’experts bénévoles, chercheurs et médecins spécialistes de la thématique Alzheimer.
L’Association investit ainsi plus d’1 million d’euros chaque année pour accompagner des projets pilotés par des équipes de recherche françaises.

  Focus sur une bourse financée par France Alzheimer

Le virus de l’herpès à l’origine de la maladie d’Alzheimer ?

Depuis de nombreuses années, les chercheurs s’appuient sur l’hypothèse de la « cascade amyloïde » pour expliquer le développement de la maladie d’Alzheimer, laquelle aurait pour origine l’apparition de plaques amyloïdes (résultat de l’accumulation anormale de protéines amyloïdes produites par les neurones) dans le cerveau.

Mais si ces plaques n’étaient pas la cause de la maladie, mais plutôt la conséquence de sa réelle origine, une infection virale ?

C’est l’idée au centre du projet développé par Benoit Delatour, à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Paris). Sa cible ? le virus HSV-1 (ou Herpès simplex virus de type 1), présent chez 90 % des personnes de plus de 50 ans. Selon son hypothèse, la réactivation de ce virus chez des sujets âgés infectés depuis des années, à un âge où leur système immunitaire est affaibli, engendrerait le passage du virus dans le cerveau. Ce phénomène entraînerait à son tour la production de plaques amyloïdes pour tenter de contenir l’infection virale, ouvrant la voie à des réactions biologiques en cascade et in fine à la maladie d’Alzheimer.

Benoit Delatour s’est associé à trois autres laboratoires français pour développer un réseau pluridisciplinaire associant d’une part des neurobiologistes et des neurologues et d’autre part des biologistes et des virologues. Ces équipes effectueront des études épidémiologiques sur de larges groupes de patients pour mettre en évidence un lien entre présence du virus dans le cerveau et la maladie d’Alzheimer. Ils conduiront également des expériences en laboratoire pour étudier la propagation du virus dans des cultures de neurones et sa capacité à induire les lésions caractéristiques de la maladie d’Alzheimer dans des modèles animaux.

Pourquoi France Alzheimer a choisi de soutenir ce projet ?

Le Conseil scientifique a sélectionné un projet solide et convaincant, qui s’appuie sur un consortium présentant des expertises complémentaires. La question du rôle d’une infection microbienne dans la maladie d’Alzheimer est débattue depuis plusieurs années par la communauté scientifique, ce projet constituera une étape importante pour y apporter une réponse et améliorer notre compréhension des mécanismes biologiques à l’origine du déclin cognitif. Il démontre le soutien de France Alzheimer à la recherche fondamentale, essentielle pour comprendre la maladie et lutter plus efficacement contre son développement.

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