8 avril 2026
Alzheimer : un sommet mondial à Lyon, des attentes fortes pour la France

La France accueillera du 14 au 16 avril la 37e conférence d’Alzheimer’s Disease International dans un contexte de hausse constante du nombre de personnes malades. Entre avancées scientifiques et attentes des familles, ce rendez-vous s’annonce stratégique, à l’heure où la France est attendue sur ces enjeux.

Près de 1 500 participants issus de 90 pays sont attendus au Centre de congrès de Lyon. Au programme des discussions : recherche et prévention, traitements médicamenteux et interventions non médicamenteuses, intelligence artificielle et approches innovantes pour améliorer le quotidien des personnes malades et de leurs aidants.

L’événement accueillera aussi son ambassadrice la princesse Muna de Jordanie et des responsables politiques du monde entier, dont le ministre de la Santé de Jordanie, le Dr Ibrahim Al-Bdour, et des représentants du gouvernement de Hong Kong et du Japon, ainsi que de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La venue de ces personnalités témoigne de la volonté de leurs pays de renforcer la lutte contre la maladie d’Alzheimer.

« La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées représentent l’un des grands défis mondiaux de santé de notre époque », explique Paola Barbarino, directrice générale d’Alzheimer’s Disease International. « Le nombre de cas devrait atteindre 139 millions dans le monde d’ici 2050, et nous estimons que la collaboration internationale n’a jamais été aussi essentielle. Nous sommes fiers d’organiser cet événement pour des experts, des décideurs politiques et des acteurs engagés du monde entier afin de partager leurs connaissances et de lutter contre les idées reçues persistantes sur ces pathologies. Notre objectif est d’accélérer la mise en œuvre des solutions nécessaires pour améliorer la vie des personnes vivant avec ces pathologies neuroévolutives. »

La France toujours au rendez-vous ?

A Lyon, les regards seront tournés vers la France, qui compte aujourd’hui 1,4 million de personnes malades selon l’association Alzheimer Europe. D’ici 2050, ce nombre devrait atteindre 2,3 millions de personnes, principalement en raison du vieillissement de la population. Cela augmentera la pression croissante sur l’ensemble de notre système de santé et de solidarité.

« La France a longtemps été une locomotive dans le monde dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées », explique le président de France Alzheimer Joël Jaouen. « Il y a plus de 20 ans, les différents plans Alzheimer successifs, en particulier le plan 2008-2012, ont permis de réelles avancées, avec le développement de structures dédiées, une meilleure reconnaissance de la maladie, une montée en compétence des professionnels… Ces progrès sont importants, et ils doivent être salués. »

Mais après le plan 2008-2012, ont suivi des feuilles de route moins ambitieuses, moins bien financées. En septembre 2025, le gouvernement a bien annoncé le lancement d’une stratégie dédiée aux maladies neurodégénératives. « Les acteurs de terrain, dont France Alzheimer, y avaient activement contribué et ils ont salué l’annonce de cette stratégie », souligne Joël Jaouen. « Mais pour l’heure, ce sont encore des promesses. Son déploiement effectif prend du retard. Nous attendons des actions concrètes et ce décalage entre les annonces et leur mise en œuvre pose question. Il alimente un sentiment d’attente, voire d’inquiétude, chez les familles que nous représentons. »

Pour un accompagnement optimal, dans l’attente d’un traitement curatif

La conférence internationale d’ADI à Lyon permettra aux participants et aux visiteurs de comparer la manière dont les pouvoirs publics luttent contre la maladie dans leur pays respectifs, de s’inspirer mutuellement. Elle permettra, en outre, d’aborder l’épineuse question de l’accès aux traitements innovants. Le lécanemab et le donanémab, deux molécules destinées à des personnes à un stade débutant de la maladie et dont l’objectif est de ralentir le déclin cognitif, ont été autorisés dans plusieurs pays du monde, et même par l’Agence européenne des médicaments (EMA). En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a refusé leur accès précoce, ce qui empêche, à ce stade, leur remboursement et creuse le retard accumulé par la France dans le domaine.

La recherche progresse mais le chemin reste long avant de parvenir à un traitement curatif. D’ici là, il est primordial de continuer à informer, écouter et accompagner toutes les personnes impactées par la maladie.

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