18 mars 2026
Alzheimer, un sujet sans frontières

Alzheimer’s Disease International (ADI) organise sa 37e conférence internationale à Lyon du 14 au 16 avril 2026. France Alzheimer participe à cet événement mettant en lumière la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées qui bouleversent des millions de vie dans le monde entier.

La France accueillera un événement majeur du 14 au 16 avril 2026 : la 37e conférence internationale de l’association Alzheimer’s Disease International (ADI), qui se tiendra au Palais des congrès de Lyon (Rhône). France Alzheimer et maladies apparentées, adhérante d’ADI, participe même à l’organisation de ce rendez-vous bisanuel.

« Experts, chercheurs, professionnels, familles, personnes malades et bénévoles, venus du monde entier, seront réunis à Lyon pendant trois jours pour partager leurs expériences de terrain, évoquer les innovations thérapeutiques et diagnostiques et imaginer les solutions de demain », souligne le président de l’Union nationale France Alzheimer et maladies apparentées Joël Jaouen. « Cet événement est aussi l’occasion pour tout un écosystème, de rappeler qu’il est urgent d’en faire une priorité politique, en France et partout dans le monde. »

Et il y a urgence, comme en témoignent les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a, en mai dernier, prolongé de 6 ans son Plan mondial de lutte contre la démence. Selon l’organisme, 57 millions de personnes vivaient avec une maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée en 2021 ; des chiffres qui devraient grimper à 78 millions en 2030 et à 139 millions en 2050, en raison notamment du vieillissement de la population et de l’allongement de l’espérance de vie. Les chiffres clés du rapport mondial d’ADI de 2024, issus d’une enquête réalisées auprès de plus de 40 000 personnes vivant avec la maladie, d’aidants, de professionnels de santé et du socio-médical, et du grand public provenant de 166 pays sont également inquiétants (voir ci-contre).

« Si les réalités diffèrent d’un pays à l’autre, les défis, eux, se ressemblent : repérage tardif, manque de formation des professionnels, insuffisance de solutions d’accompagnement, isolement des familles, financement insuffisant de la recherche », énumère Joël Jaouen, président de l’Union nationale France Alzheimer et maladies apparentées. « À ces difficultés s’ajoutent souvent la stigmatisation et l’incompréhension, qui renforcent le sentiment de solitude des personnes concernées. Partout, les aidants portent une charge immense et jouent un rôle essentiel, bien souvent au prix d’un épuisement physique et émotionnel. »

Pour Joël Jaouen, Alzheimer ne connait pas de frontière : le problème est planétaire. Le quotidien des familles nous le rappelle, comme la problématique liée à la langue que l’on a apprise dans le pays où l’on a migré et que l’on perd à cause de la maladie. « Les associations Alzheimer du monde entier, réunies notamment au sein d’ADI, rappellent qu’aucun pays ne peut relever seul un défi d’une telle ampleur. La dimension planétaire de la maladie impose au contraire un partage constant des connaissances, des pratiques et des innovations. Les chercheurs travaillent désormais en réseaux internationaux, les cliniciens comparent leurs approches, et les associations croissent en solidarité pour mieux défendre les droits des personnes malades et de leurs familles. »

France Alzheimer est d’ailleurs membre des associations européenne (Alzheimer Europe) et internationale (ADI). « Cela décuple notre voix et permet d’échanger des bonnes pratiques, de coordoner des actions et de mobiliser des ressources au bénéfice des millions de personnes concernées dans le monde», souligne encore Joël Jaouen. « Aussi, pour nous, accueillir et coorganiser la 37e conférence mondiale d’ADI est avant tout une opportunité unique de valoriser cet ancrage local, garant de notre légitimité et, soutenus par la communauté internationale, de décupler l’écho de nos revendications. »

Le programme de la 37e conférence internationale d’ADI est en cours de finalisation. Il s’articulera autour des sept axes du plan d’action de l’OMS. Ils seront abordés au travers de sessions plénières, de communications orales et de présentations par affiches. Ces axes sont la politique de santé publique, la sensibilisation et la bienveillance, le soutien aux aidants, le diagnostic, le traitement et la prise en charge, la réduction des risques, l’information, et enfin, la recherche et l’innovation.

En 2024, lors de la précédente conférence internationale d’ADI, à Cracovie en Pologne, 1 170 personnes avaient provenant de 110 pays différents assisté à l’événement.

 

Les chiffres clés du rapport mondial d’Alzheimer’s Disease International (ADI) de 2024

 

50%
Plus de 50 % des aidants dans le monde disent que leur santé a souffert de leurs responsabilités d’aidant, même s’ils expriment des sentiments positifs à l’égard de leur rôle.
88%
88 % des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée déclarent avoir été victimes, au moins une fois, de discrimination.
80%
Près de 80 % du grand public craint de développer la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée au cours de leur existence.
46%
46 % des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée et des aidants ont indiqué que la peur du diagnostic et la stigmatisation constituaient des obstacles au diagnostic.
25%
1 personne sur 4 pense qu’il n’y a rien à faire pour prévenir la maladie d’Alzheimer, alors que près de la moitié des cas pourraient être retardés ou évités grâce à des facteurs de risque modifiables.
65%
65 % des professionnels de la santé croient, à tort, que la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées font partie du processus normal, naturel, du vieillissement.