La biologie comme passion, la maladie d’Alzheimer comme combat scientifique
Doctorante en troisième année à l’Institut de Neurophysiopathologie de Marseille ainsi que bénéficiaire de l’action « Parrainage Jeunes Chercheurs » de France Alzheimer, Chiara Bordier étudie les mécanismes de la perte synaptique dans la maladie d’Alzheimer. Dans ses travaux, elle se concentre particulièrement sur le rôle des cellules immunitaires du cerveau, appelées microglies, dans le déclin cognitif. Elle a été témoin de l’évolution de la maladie d’Alzheimer dans son entourage.
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| Crédits : Chiara Bordier, Doctorante à l’Institut de Neurophysiopathologie de Marseille, Bénéficiaire du Parrainage Jeunes Chercheurs France Alzheimer. |
Cette expérience personnelle a profondément marqué son parcours et a renforcé sa conviction qu’il est essentiel d’améliorer notre compréhension de la maladie d’Alzheimer afin de développer de nouveaux traitements. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, ce 11 février, Chiara Bordier a accepté de répondre aux questions de France Alzheimer.
Pourriez-vous présenter votre parcours ?
J’ai grandi à Berlin, en Allemagne, et je me suis intéressée très tôt aux sciences du vivant, ce qui m’a conduite à poursuivre des études en biologie. J’ai réalisé une licence en biologie, au cours de laquelle je me suis progressivement spécialisée en neurosciences, avec un intérêt particulier pour la maladie d’Alzheimer. J’ai ensuite poursuivi mon parcours par un master en neurosciences biomédicales à l’Université technique de Munich.
Actuellement, je suis doctorante à l’Institut de Neurophysiopathologie de Marseille. Mes recherches portent sur les mécanismes de perte des connexions entre les neurones, appelées synapses, dans la maladie d’Alzheimer. Je m’intéresse plus particulièrement au rôle des microglies, les cellules immunitaires du cerveau, qui peuvent détruire les synapses lorsqu’elles deviennent trop inflammatoires. Mon projet vise à mieux comprendre comment les microglies influencent cette perte synaptique.
Pourquoi le domaine de la science et pourquoi la recherche sur l’Alzheimer en particulier ?
Au fil de mon parcours universitaire, j’ai développé un intérêt particulier concernant la maladie d’Alzheimer, pour deux raisons principales :
D’une part, bien que cette pathologie soit connue depuis plus d’un siècle, de nombreuses questions demeurent sans réponse. Contribuer à élucider les inconnues de cette maladie complexe suscite chez moi un vif intérêt. D’autre part, être témoin de l’évolution de cette maladie et de la souffrance d’un proche m’a profondément touchée, renforçant ma conviction qu’il est impératif d’améliorer notre compréhension de la maladie d’Alzheimer et de trouver des traitements.
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| Crédits : Chiara Bordier, Doctorante à l’Institut de Neurophysiopathologie de Marseille, Bénéficiaire du Parrainage Jeunes Chercheurs France Alzheimer. |
Que pensez-vous de la place de la femme dans la science et avez-vous une anecdote qui vous a marquée à nous raconter dans votre parcours en tant que femme ?
La science reste encore aujourd’hui un domaine majoritairement dominé par les hommes, en particulier dans les postes à responsabilité. Néanmoins, au cours de mes études, j’ai observé une évolution positive, avec de plus en plus de femmes, représentant la majorité des étudiants dans certaines promotions.
J’ai eu la chance de travailler sous la supervision de nombreuses chercheuses, ce qui a été très inspirant et m’a permis de me projeter plus facilement dans une carrière scientifique.
Durant l’un de mes derniers stages, je travaillais en collaboration avec un laboratoire partenaire, car ils sont experts dans une méthode spécifique que je voulais utiliser. J’ai posé une question concernant les résultats obtenus au responsable, qui m’a répondu de manière condescendante. Je me suis sentie rabaissée sur le moment, même si je pense que ce n’était pas malveillant. Une semaine plus tard, ce même responsable a posé cette même question en réunion. Cette situation m’a rappelé de toujours faire confiance à son instinct et à son jugement scientifique, et, qu’en tant que femme, il faut défendre nos idées et faire entendre notre voix.
Que représente cette journée pour vous ?
Cette journée est l’occasion de rendre visibles les femmes de science, de partager nos parcours et nos réussites, et de montrer que la recherche n’est pas réservée à un genre. C’est aussi le moment pour souligner l’importance de la diversité ainsi que l’égalité en science, afin d’encourager les jeunes filles à croire en elles et à se lancer dans des carrières scientifiques. Je tiens à remercier chaleureusement l’association France Alzheimer pour son soutien à la recherche et à l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Son engagement permet non seulement de faire avancer la science et de soutenir les familles, mais aussi de contribuer à des initiatives comme la Journée internationale des femmes et des filles de science, qui permettent de mettre en lumière la recherche et d’inspirer la prochaine génération de scientifiques.
Des parcours inspirants au cœur de la recherche







