De l’observation de la nature aux neurosciences
Laure Verret est chercheuse en neurosciences passionnée et enseignante à l’université de Toulouse. Après des études en biologie générale et une thèse consacrée au sommeil et à la mémoire, elle a répondu à un appel à projets de l’association France Alzheimer et maladies apparentées. Si cette carrière ne lui était pas prédestinée, l’envie de contribuer à l’avancée de la recherche sur cette maladie neurodégénérative n’a cessé de grandir au fil de son parcours. Cela fait plus de 20 ans qu’elle travaille sur la maladie d’Alzheimer.
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| Crédits : Laure Verret, Enseignante chercheure en neurosciences, Université de Toulouse, Membre du Conseil Scientifique science Médicale de France Alzheimer. |
À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, ce 11 février, Laure Verret revient, dans une interview sur son début de parcours ainsi que sur ses projets actuels.
Quand on décide de faire des études universitaires, il faut faire un choix. Vous avez choisi la science, pourquoi ?
J’ai toujours été attirée par la biologie et les sciences au sens large. Même si je n’étais pas excellente à l’école, apprendre a toujours été un bonheur, surtout en échangeant avec les autres. J’ai toujours été intéressée par beaucoup de choses et émerveillée par la nature. Je n’ai jamais voulu être médecin, mais il y avait ce besoin profond de comprendre le vivant. Faire des études de biologie était donc l’idéal. Je viens d’un milieu rural et après le lycée, je suis partie à Toulouse pour des études à l’université. Les neurosciences ne se sont pas imposées comme une évidence. J’ai longtemps hésité avec la physiologie végétale. Finalement, j’ai choisi les neurosciences car c’est une discipline qui permet de toucher à la biologie au sens large. J’ai ensuite fait une thèse à Lyon sur le sommeil.
Et la maladie d’Alzheimer, comment y êtes-vous arrivée ?
Après ma thèse, je souhaitais orienter mon post doctorat sur le sommeil et la mémoire, mais je n’ai jamais réussi à obtenir un financement. J’ai alors proposé par la suite un projet à France Alzheimer qui a été accepté. À partir de là, l’envie de continuer de travailler sur la pathologie n’a fait que grandir. Je suis ensuite partie aux Etats-Unis pour rejoindre une équipe de l’institut Gladstone à San Francisco. Ce qui était intéressant dans cette expérience est que toutes les disciplines étaient concernées par la pathologie. C’est à ce moment-là que j’ai compris que mes expériences précédentes acquises au cours de mes d’études pouvaient être utiles pour apporter de nouvelles idées et un regard différent. Aujourd’hui, je vois ce parcours comme une fierté.
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| Crédits : Laure Verret, Enseignante chercheure en neurosciences, Université de Toulouse, Membre du Conseil Scientifique science Médicale de France Alzheimer. |
Votre travail s’articule autour de quoi exactement ?
En recherche, chaque découverte amène une nouvelle question. Et celle qui me taraude depuis que je travaille sur Alzheimer, c’est de comprendre comment les stimulations environnementales tout au long de la vie peuvent retarder l’apparition de la pathologie.
Vous avez fait vos études dans les années 1990. Aujourd’hui vous enseignez à l’université. Est-ce que, selon vous, la place de la femme a changé ?
Aujourd’hui, la femme a gagné sa place dans la science et dans la recherche. Nous sommes plus présentes qu’à l’époque où j’étais étudiante. Cette avancée reste cependant insuffisante en matière de responsabilités et de postes à décisions. Les hommes occupent majoritairement ces postes.
Que représente, pour vous, la Journée internationale des femmes et des filles de science ?
Idéalement, on aimerait que ce type de journée n’ait plus lieu d’exister, mais elle permet de susciter la réflexion quant à la question de la place des femmes dans la science, de montrer aux jeunes filles la diversité des parcours possibles et de leur rappeler que rien ne leur est interdit. Je tiens d’ailleurs à saluer l’association France Alzheimer et maladies apparentées pour son engagement. Donner la parole aux femmes pour s’exprimer est une initiative essentielle. La recherche sur une maladie comme Alzheimer ne peut se permettre aucune exclusion. Se priver de la participation des femmes, c’est de se priver de la moitié de l’humanité.
Des parcours inspirants au cœur de la recherche







