27 janvier 2026
Maladies neurodégénératives : «Pleinement mobilisés»

Jean-François Rousset, ancien médecin, est député de la 3e circonscription de l’Aveyron. Membre de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, il est également co-Président du groupe d’études « Alzheimer et maladies neurodégénératives » de la XVIIe législature.

« J’ai à cœur de m’impliquer activement dans les réflexions et les travaux parlementaires liés à la maladie d’Alzheimer. »

 

Pour quelles raisons vous êtes-vous investi dans le groupe d’études Alzheimer de l’Assemblée nationale ?

« En tant qu’ancien médecin, les questions de santé m’intéressent. La maladie d’Alzheimer m’interpelle tout particulièrement, tant pour des raisons personnelles que pour ses répercussions sur notre société. J’ai donc à cœur de pouvoir m’impliquer activement dans les réflexions et les travaux parlementaires liés à ce sujet. »

Est-ce que vous pensez que les décideurs publics ont suffisamment pris conscience des enjeux autour de cette maladie ?

« Les attentes envers les décideurs publics sont fortes, notamment sur des sujets de santé comme celui de la maladie d’Alzheimer. En tant qu’élus, nous sommes pleinement mobilisés. Nous attendons également des directives concernant le sujet du grand âge et du handicap. Les lignes commencent à bouger. Dans le cadre du groupe de travail que je co-préside avec le député de l’Ardèche Fabrice Brun, nous allons prochainement auditionner les ministres concernés. Cette démarche vise à obtenir des réponses précises, à clarifier les orientations à venir et à nourrir le travail parlementaire d’éléments concrets. »

À quelques mois des élections municipales, quels messages souhaiteriez-vous adresser aux futurs élus municipaux concernant cette thématique ?

« Il me semble essentiel de sensibiliser les élus, en particulier dans les territoires ruraux afin qu’ils soient attentifs aux signaux faibles que présentent les personnes malades au début de la maladie. Il est donc nécessaire qu’on puisse leur donner, dès qu’ils en font la demande, les moyens nécessaires pour orienter les familles souvent désemparées. Ces dernières ont besoin d’accompagnement, d’être accueillies dans des structures capables à la fois de conseiller et d’orienter. Cela fait partie de nos responsabilités, en tant qu’élus nationaux, mais aussi de celles des associations comme la vôtre, d’engager cette démarche auprès des élus : proposer des soutiens, des orientations et des avancées. »

La prochaine conférence mondiale sur Alzheimer va être organisée à Lyon en 2026, qu’en attendez-vous ?

« Je pense tout d’abord qu’il est essentiel d’aborder cette maladie dans sa globalité. Un aspect qui mérite particulièrement d’être développé est celui de la prise en charge par les aidants, qu’ils soient familiaux ou professionnels, au sein de structures offrant des moments de répit indispensables. Il ne faut pas seulement parler de la maladie elle-même, mais aussi de son environnement et de la gestion globale qu’elle implique. Les retentissements, social et économique, se manifestent largement à ce niveau. Si les personnes malades bénéficient globalement d’une prise en charge relativement bien organisée grâce aux nombreuses structures existantes, on constate une souffrance palpable chez les aidants et les familles.

Il est essentiel que la France accueille un maximum d’événements de cette envergure. Nous disposons de toutes les ressources nécessaires : des associations actives, des ministères engagés et des chercheurs impliqués. Tous les éléments sont réunis pour que la France puisse pleinement organiser et participer à un événement de ce niveau. »

 


 

Fabrice Brun, autre co-Président du groupe d’études « Alzheimer et maladies neurodégénératives » a également répondu à nos questions. Retrouvez notre entretien ici.