Trois questions à Rachel Petitprez, Directrice de Baluchon France.
Trois questions à Rachel Petitprez, Directrice de Baluchon France.
En premier lieu, le cahier des charges imposé aux établissements et services porteurs de solutions de répit de longue durée se rapproche beaucoup de celui du modèle québécois, ce qui est une bonne nouvelle en termes de garanties de qualité et de sécurité. Ensuite, ce sont de nouveaux acteurs – agences régionales de santé et conseils départementaux – qui autoriseront les services volontaires à déroger au droit du travail. Enfin, le texte a intégré la demande, exprimée par Baluchon France, de mettre en place une démarche simplifiée pour les porteurs expérimentateurs. Ces derniers vont en effet devoir déployer beaucoup d’énergie pour relancer une activité qui n’aurait jamais dû s’interrompre.
Après avoir souligné ces trois points positifs, j’exprimerai un regret, mineur, relatif à la possibilité pour le proche aidant de rester à domicile pendant la durée du répit. Cette disposition part d’une bonne intention mais les expérimentations menées au Québec comme en France, ont mis en lumière que lorsqu’il restait à domicile, l’aidant ne se reposait pas vraiment, que le baluchonneur avait beaucoup de difficultés à trouver sa place, ce qui rendait sa mission inconfortable et enfin, que l’aidé ne comprenait pas pourquoi il devait changer d’interlocuteur.
Nous allons recenser les collectivités qui publient des appels à manifestation d’intérêt ainsi que les porteurs qui obtiennent des autorisations de dérogation au droit du travail afin, par exemple, de former les salariés et d’accompagner les structures. Cette mission nous conduira aussi à interroger les volontés politiques sur l’ensemble du territoire. En cas d’inertie, nous agirons avec les acteurs locaux – proches aidants, futurs porteurs de projets, partenaires, dont France Alzheimer, financeurs … – pour faire bouger les lignes.
Nous nous battrons également pour que des financements publics dédiés soient accordés au développement du répit de longue durée. Pendant six ans, nous avons expérimenté une dérogation au droit du travail sans financements clairs, ni homogènes et la pérennisation se poursuit malheureusement dans les mêmes conditions. Il est possible que les groupes de protection sociale, engagés de longue date à nos côtés, initient la dynamique, mais celle-ci devra être poursuivie et amplifiée par les pouvoirs publics afin que le proche aidant puisse bénéficier d’une enveloppe dans laquelle piocher en fonction de ses besoins.
Nous entrons dans une phase importante de lancement du baluchonnage en France. Nous devons donc faire connaitre cette solution et ses modalités aux proches aidants, aux futurs partenaires et aux services souhaitant s’engager dans cette offre. Nos trois premiers webinaires seront destinés à chacun de ces publics et nous présenterons bien sûr aux futurs porteurs l’accompagnement de Baluchon France et sa stratégie de labellisation.
1 – Décret n° 2025-827 du 19 août 2025 relatif à la mise en œuvre de prestations de suppléance à domicile du proche aidant et dans le cadre de séjours dits de répit aidant-aidé dérogeant au droit du travail – Légifrance ↑
2 – Informations et inscription obligatoire : Webinaires Baluchon France ↑