13 mars 2018
Sur les traces de la protéine Tau et du fragment C99

Dans le cadre de la Semaine du cerveau, France Alzheimer et maladies apparentées vous aide à mieux comprendre les enjeux des nouvelles pistes de recherche qui font l’actualité. Zoom aujourd’hui, dans ce second épisode, sur les rôles de la protéine Tau et du fragment C99.

Ce sont des protéines qui évoluent normalement de manière isolée dans le corps humain. Or, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, les protéines Tau se regroupent et forment des agrégats. La progression de la maladie d’Alzheimer est associée à la propagation de ces agrégats dans le cerveau. Pour autant, ce processus de diffusion reste méconnu. Des expériences menées par l’équipe du Dr Chiara Zurzolo, de l’Unité de Trafic Membranaire et Pathogénèse, montrent que les protéines Tau pourraient utiliser des points de communication entre neurones pour se propager de cellules en cellules. Les protéines Tau profiteraient alors de la machinerie utilisée par les neurones pour la transmission des informations. Peut-on stopper la propagation des agrégats en agissant sur la machinerie de communication entre neurones ? Soutenue par France Alzheimer et maladies apparentées, l’équipe ambitionne de répondre à cette question en caractérisant le mécanisme de propagation de Tau. Il s’agira de mettre en lumière les processus moléculaires participant à la progression des troubles cognitifs.

Le fragment C99 à l’origine de la maladie

 Dans la maladie d’Alzheimer, la formation du peptide ß-amyloïde résulte d’une succession de coupures mal effectuées d’une protéine présente dans les neurones. Dans les dernières étapes de cette chaîne, la coupure d’un fragment, appelé C99, libère le peptide ß-amyloïde. La présence du fragment C99 dans le cerveau cause une modification fonctionnelle des cellules et altère la connexion entre les neurones. Ce fragment est détecté plus précocement que le peptide ß-amyloïde dans la maladie d’Alzheimer. Le Dr Raphaëlle Pardossi-Piquard, de l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire, émet donc l’hypothèse que le peptide ß-amyloïde n’est pas le seul responsable de la formation des plaques amyloïdes : le fragment C99 serait un acteur précoce de la maladie d’Alzheimer contribuant à la pathologie. Son équipe s’est alors fixée pour objectif d’étudier le rôle de C99 sur le déclin cognitif à travers des approches génétiques, pharmacologiques et comportementales dans plusieurs modèles de souris mimant la maladie d’Alzheimer. Les résultats de ce projet, soutenu par France Alzheimer et maladies apparentées, pourraient permettre de démontrer un rôle essentiel et précoce de C99 dans la cascade d’événements conduisant à la maladie d’Alzheimer.

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