25 septembre 2020
Sondage Exclusif France Alzheimer L’inadaptation confirmée de la grille Aggir et des plans d’aide APA

Le 6 mars dernier, France Alzheimer lançait un sondage exclusif sur la perception de l’APA et son adéquation avec les plans d’aide. Plus de 750 personnes ont répondu à cette consultation menée jusqu’au 5 juin.

Nous tenons à remercier toutes les personnes concernées par la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, personnes malades et proches aidants, qui ont répondu à cette enquête. Leurs témoignages nous ont été précieux et nous vous présentons les principaux résultats ci-dessous.

Présentation

Pour les aider à financer les charges auxquelles elles doivent faire face, les personnes âgées dépendantes peuvent bénéficier de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), prestation ouverte aux personnes âgées d’au moins 60 ans en situation de perte d’autonomie.

Toute personne, quel que soit son niveau de revenu, dont la perte d’autonomie justifie qu’elle soit aidée, peut donc en bénéficier grâce à des plans d’aide préalablement déterminés. Ces derniers ne peuvent excéder des plafonds nationaux modulés en fonction du groupe iso-ressources (GIR) du bénéficiaire, c’est-à-dire de son niveau de dépendance. La grille Aggir (autonomie gérontologique groupe iso-ressources) comporte 6 niveaux : les 4 premiers ouvrent droit à l’APA, le GIR 1 représentant le niveau de dépendance le plus élevé.

Le montant de l’aide varie donc selon le degré de dépendance de la personne concernée, évalué par des professionnels du Conseil départemental. La participation du bénéficiaire est déterminée en fonction de ses revenus. Depuis 2016, les besoins des aidants sont également appréciés dans ce cadre.

Référentiel national d’évaluation du niveau de dépendance, la grille Aggir est décriée depuis de nombreuses années par les personnes atteintes de troubles cognitifs, leurs familles et les professionnels qui les accompagnent. En réalisant ce sondage, France Alzheimer a souhaité, en laissant la parole aux personnes concernées, objectiver les principales raisons de l’inadaptation de la grille pour l’évaluation des besoins de ces bénéficiaires.

PROFIL DES RÉPONDANTS ET PRINCIPAUX RÉSULTATS

Personnes atteintes ou proches aidants de personnes atteintes :

  • de la maladie d’Alzheimer : 69% des répondants
  • de la maladie à corps de Lewy : 7%
  • d’une dégénérescence lobaire fronto-temporale (DFT) : 5%
  • d’une autre pathologie : 17%

48% des répondants estiment que ce classement n’est pas adapté à leur état de santé ou à celui de la personne qu’ils accompagnent. La principale raison évoquée est l’insuffisance du nombre d’heures allouées dans le plan d’aide par rapport aux besoins réels d’accompagnement. Cette inadaptation est plus élevée pour les GIR 3 et 4 (respectivement 58% et 71%).

 

Dossiers de demande d’APA et plans d’aide :

Démarches auprès du Conseil départemental :

En majorité les répondants demandent prioritairement pour l’avenir

  • du temps de répit pour l’aidant

Leur engagement auprès de leur proche malade les confronte en effet bien souvent à des situations d’épuisement, de difficultés financières, voire de fragilité psychologique, qu’il n’est plus acceptable de constater sans que rien ne soit fait.

  • la possibilité de rester à domicile

Obligées de pallier les manques d’une prise en charge publique adaptée, les familles sont aujourd’hui confrontées à des situations financières qui conditionnent trop souvent leurs choix d’accompagnement et de prise en soins.

  • des démarches administratives simplifiées

Les difficultés d’accès à l’information, de visibilité quant aux démarches à effectuer et aux acteurs à solliciter sont un frein considérable à des étapes pourtant essentielles : l’accès aux droits, la réévaluation des niveaux de dépendance, l’orientation dans le parcours de vie et de soins de la personne malade et de son proche aidant.

Depuis de nombreuses années, L’Association dénonce l’inadaptation de la grille Aggir pour l’évaluation des besoins réels des personnes atteintes de troubles cognitifs. En choisissant de laisser la parole aux personnes directement concernées, France Alzheimer souhaite soutenir une fois de plus l’urgence d’une réforme ambitieuse et adaptée à la réalité du terrain.