37e conférence d’Alzheimer’s Disease International : un rendez-vous mondial aux enjeux très concrets
Du 14 au 16 avril 2026, la ville de Lyon accueille la 37e conférence de Alzheimer’s Disease International, un événement majeur dans le champ des troubles neurocognitifs. Co-organisé cette année par France Alzheimer et maladies apparentées, ce rendez-vous international intervient dans un contexte de progression continue du nombre de personnes concernées à travers le monde.
Selon les estimations internationales, plus de 55 millions de personnes vivent aujourd’hui avec des troubles neurocognitifs, un chiffre qui pourrait presque tripler d’ici 2050. Derrière ces données, ce sont autant de familles, d’aidants et de professionnels confrontés à des réalités quotidiennes complexes.
Les priorités définies par l’OMS
Le programme de la conférence s’inscrit dans la continuité du Organisation mondiale de la santé à travers son plan d’action mondial sur la démence (2017–2025, prolongé dans plusieurs pays). Sept axes structurants guident les échanges :
- la santé publique
- la sensibilisation et l’inclusion des personnes concernées
- le soutien aux aidants
- le diagnostic
- les traitements et les soins
- la réduction des risques
- les systèmes d’information
- la recherche et l’innovation
Ces thématiques seront abordées à travers des sessions plénières, des communications scientifiques et des retours d’expériences de terrain.
Au croisement de la recherche et des réalités de terrain
La conférence réunit des profils variés : chercheurs, professionnels de santé, décideurs publics, associations et représentants des personnes concernées.
Les avancées scientifiques occupent une place importante, notamment autour :
- des biomarqueurs permettant un diagnostic plus précoce,
- des approches thérapeutiques émergentes,
- de la compréhension des facteurs de risque (mode de vie, environnement, comorbidités).
Mais au-delà de la recherche, l’un des enjeux majeurs reste la traduction concrète de ces avancées dans le quotidien des personnes concernées.
Car le décalage persiste : si les connaissances progressent, les réponses apportées aux familles restent très inégales selon les territoires et les politiques publiques.
Une question centrale : des engagements aux actions
Ce type de sommet international pose une question essentielle : peut-il réellement faire évoluer les politiques publiques ?
Les conférences d’ADI jouent un rôle clé pour :
- partager des modèles d’accompagnement efficaces,
- comparer les stratégies nationales,
- faire émerger des recommandations communes,
- renforcer le plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en compte des troubles neurocognitifs.
Cependant, leur impact dépend largement de la capacité des États à traduire ces échanges en décisions concrètes : financement, organisation des soins, soutien aux aidants, formation des professionnels.
Au-delà des chiffres et des politiques, cette conférence rappelle une réalité fondamentale : les troubles neurocognitifs ne sont pas uniquement un enjeu de santé publique, mais une question profondément humaine et sociale.
Un enjeu humain avant tout
L’inclusion, la dignité, le maintien du lien social et la reconnaissance du rôle des aidants restent au cœur des attentes.
Dans ce contexte, la tenue de cette conférence en France, et à Lyon en particulier, constitue une opportunité forte : celle de faire entendre la voix des personnes concernées et de leurs proches, et de rappeler que derrière chaque avancée scientifique, il y a des vies à accompagner.
Un possible point de bascule ?
Peut-on attendre de cette 37e conférence un véritable tournant ?
Elle ne transformera pas à elle seule les systèmes de santé. Mais elle peut contribuer à accélérer une dynamique déjà en cours : celle d’une meilleure reconnaissance des troubles neurocognitifs comme priorité de santé publique mondiale.
À condition que les engagements pris ne restent pas au stade des intentions.





