L’expression de la maladie d’Alzheimer peut être différente d’une personne malade à l’autre. Son évolution aussi. On parle beaucoup des altérations des fonctions liées à la connaissance dites cognitives, notamment la mémoire, mais les émotions et le comportement peuvent aussi être touchés.

Quand les symptômes sont « cognitifs » 

Le terme « cognitif » est le terme médical pour décrire tout ce qui se rapporte à la connaissance et à l’intelligence. Concrètement, les symptômes dits cognitifs sont liés à la mémoire, au langage, à la reconnaissance, au jugement, au raisonnement ou à la compréhension. L’idée reçue selon laquelle la maladie d’Alzheimer affecte uniquement la mémoire est donc fausse : c’est bien plus large que cela.

« La mémoire est le premier trouble visible. »

La mémoire

Il s’agit des premiers troubles visibles, d’où leur réputation auprès du grand public. Au début, la maladie touche la mémoire dite épisodique : oubli d’évènements récents, de rendez-vous… Par la suite, les autres types de mémoires sont affectés ; mémoire de travail, mémoire sémantique, mémoire procédurale…) Résultat : il devient difficile de retenir des informations immédiates, d’enregistrer de nouvelles connaissances, de faire appel à sa culture ou encore de s’orienter dans l’espace.

Le langage

Après les troubles de la mémoire, ce sont ceux du langage qui sont les plus importants. Ils se traduisent par des difficultés à communiquer et progressivement à comprendre ce qui est dit, puis à parler.

Une perte du langage en 3 étapes

  • Le vocabulaire se réduit, la personne cherche ses mots, utilise un mot pour un autre
  • La personne ne s’exprime plus que par un seul mot ou son, ou utilise un jargon qui n’a aucun sens.
  • La personne ne parle plus.

Les gestes

Des gestes pourtant habituels deviennent difficiles à réaliser. Cela commence par des actions complexes comme l’écriture puis s’étend à des gestes simples comme mâcher ou avaler des aliments. C’est principalement ce trouble qui est à l’origine de la perte d’autonomie de la personne malade.

La reconnaissance

Les troubles de la reconnaissance , ou « agnosie », empêchent la personne malade de bien se rendre compte de ce qu’elle a en face d’elle. Ces difficultés sont le plus souvent visuelles, mais peuvent aussi être liées à l’odorat, à l’audition et même au toucher.

L’exécution de tâches

Pour contrôler et réaliser des tâches complexes ou nouvelles, les fonctions dites « exécutives » sont indispensables. Il s’agit de savoir planifier, raisonner, se concentrer. Avec la progression de la maladie d’Alzheimer, ces dernières se retrouvent affectées. La personne a donc tendance à abandonner des tâches complexes comme la gestion du budget, l’organisation de voyages, la réception d’amis à diner… Enfin, elle est de moins en moins capable de  faire deux choses à la fois.

Quand le comportement change

Être atteint de la maladie d’Alzheimer agit aussi sur l’humeur et le comportement. On le sait peu mais les troubles peuvent bouleverser, avec plus ou moins d’intensité, les émotions.

Les sentiments et les émotions

L’anxiété ou la peur illogique
La personne malade exprime des préoccupations nouvelles sur des choses qui ne la stressaient pas avant, comme par exemple ses finances ou son avenir.

L’apathie ou la perte de motivation
La personne perd de l’intérêt pour tout ou presque, même pour certaines tâches qui relèvent de l’autonomie. Les émotions se retrouvent aussi émoussées. On devient plus indifférent à ce qui nous entoure. C’est le trouble émotionnel le plus fréquent… mais il passe souvent inaperçu car il a tendance à isoler.

L’irritabilité ou l’humeur instable
Cela se traduit par des crises de colère brusques ou encore du mal à supporter des choses banales comme un retard ou de l’attente.

L’euphorie ou la joie incontrôlée
Être joyeux sans aucune raison apparente est un aspect de la maladie inattendu mais déstabilisant pour les proches. La personne malade peut ainsi trouver des choses drôles qui ne le sont pas ou avoir tendance à rire de façon inappropriée .

La dépression ou les pensées sombres
Elle peut prendre différentes formes : tristesse, pessimisme, dévalorisation… La personne malade se décourage, pleure, pense qu’elle n’a pas d’avenir, qu’elle est un fardeau pour ses proches et évoque même parfois le désir de mourir.

 

« Ce comportement est souvent une réaction de peur »

La manière de se comporter 

L’agressivité ou l’agitation
Elle se manifeste par des mots et des gestes violents, un refus de manger, de se laver, de se recoucher la nuit… Ce comportement est souvent une réaction de peur et d’incompréhension.

Les actions « inapproprié »
Catégorisées sous le terme de « comportement moteur inapproprié », on regroupe ici les comportements d’errance et de déambulation, de vérification obsessionnelle des choses, d’une activité répétitive ou excessive.

Les troubles du sommeil et de l’alimentation
Insomnies, inversion du rythme jour-nuit… Le sommeil est souvent perturbé. Côté alimentation, la maladie peut entraîner une perte d’appétit, un changement des habitudes alimentaires et donc une perte de poids préjudiciable.

La désinhibition
La personne adopte un comportement et/ou un langage inadaptés en société : elle perd la notion d’interdits.

Les idées délirantes et les hallucinations
La personne malade peut avoir des pensées délirantes et imaginer, par exemple, que des gens veulent lui faire du mal ou la voler. Des hallucinations peuvent également survenir : la personne malade voit, entend ou sent alors des choses qui n’existent pas.

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