Décrites pour la première fois en 1892 par Arnold Pick et Aloïs Alzheimer, les dégénérescences lobaires fronto-temporales (DLFT) se caractérisent par la mort progressive des neurones au niveau du lobe frontal et du lobe temporal du cerveau.

6 QUESTIONS POUR MIEUX COMPRENDRE LES DLFT 

Est-ce une maladie fréquente ?

Les cas de DLFT sont beaucoup plus rares que ceux de la maladie d’Alzheimer (environ 11 cas pour 100 000 personnes), sauf chez les moins de 65 ans où ils sont aussi fréquents. Si les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes, la maladie peut concerner des personnes de 30 à 90 ans. L’âge moyen de début de la maladie est d’environ 60 ans et un quart des cas surviennent chez des personnes de plus de 65 ans. 

Quelles sont les causes des DLFT ?

Les DLFT sont associées à la formation et à l’accumulation de dépôts de protéines anormales dans le cerveau. À ce jour, on ne connaît pas les raisons de l’accumulation de ces protéines.

Quelles sont les manifestations cliniques des DFLT ?

Il existe trois formes connues de la maladie :

  • La forme dite comportementale, la plus fréquente, se manifeste par la perte du sens des convenances sociales, l’apparition d’une familiarité, la perte d’empathie souvent accompagnée d’irritabilité ou d’agressivité et la modification des habitudes alimentaires. Les patients peuvent présenter une apathie avec perte d’initiative et désintérêt pour les choses. Leur entourage a parfois l’impression de « ne plus les reconnaître ».
  • La forme dite sémantique (démence sémantique), plus rare, est caractérisée par une perte des concepts normalement associés aux choses. Les patients peuvent ainsi développer des difficultés pour comprendre les mots, reconnaître des visages ou des objets…
  • L’aphasie (primaire) progressive non fluente correspond, quant à elle, à une altération progressive des capacités d’expression par la parole et l’écriture, ainsi que de la lecture, avec un discours qui devient lent, laborieux et fautif sur le plan grammatical. La compréhension est globalement préservée.

Certains patients peuvent présenter les symptômes des trois « formes » de la maladie.

« Les cas de DLFT sont beaucoup plus rares que ceux de la maladie d’Alzheimer »

Comment diagnostiquer les DLFT ?

Parfois difficiles à déceler et à identifier, les symptômes peuvent être diagnostiqués plus de 5 ans après l’apparition de la maladie. Il n’y a pas de test clinique, biologique ou d’imagerie qui permette de faire le diagnostic de DLFT de manière formelle. Celui-ci repose alors sur un faisceau d’arguments incluant l’âge de survenue, les symptômes cliniques, les résultats des examens biologiques et d’imagerie et l’élimination des diagnostics différentiels.

– Les examens neurologiques

L’évaluation neuropsychologique (bilan neuropsychologique) révèle des troubles cognitifs et comportementaux évocateurs rentrant dans le cadre d’une ou plusieurs des formes cliniques décrites dans la section précédente. Il peut également exister, de façon plus rare, des troubles de la mémoire proches de ceux observés dans la maladie d’Alzheimer.

L’examen neurologique général peut révéler un syndrome parkinsonien (symptômes ressemblant à ceux de la maladie de Parkinson) avec lenteur, raideur des membres, plus rarement tremblement ou une faiblesse musculaire, avec fonte musculaire (amyotrophie) car les DLFT peuvent s’associer à une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA, maladie dégénérative touchant les neurones de la motricité également appelée maladie de Charcot).

– Les prélèvements biologiques :

Il n’y a pas de test biologique permettant le diagnostic des DLFT. Il est souvent important, toutefois, de réaliser des examens sanguins, voire une ponction lombaire pour éliminer certains diagnostics différentiels.

– L’imagerie cérébrale :

IRM : elle permet d’éliminer certains diagnostics différentiels et de révéler dans la majorité des cas une atrophie (diminution de volume du cerveau) localisée au niveau des lobes frontaux et/ou temporaux. Cette atrophie peut être asymétrique et prédominer sur les lobes frontaux ou sur les lobes temporaux selon la forme de la maladie.

Imagerie métabolique : le PET scan cérébral, examen réalisé en médecine nucléaire, permet souvent d’observer une diminution du métabolisme (témoin d’un fonctionnement « altéré ») dans les régions frontales et/ou temporales, alors que les régions touchées dans les principales autres maladies neurodégénératives sont épargnées.

– L’électromyogramme :

L’électromyogramme permet l’étude du fonctionnement des nerfs périphériques. Il est réalisé quand une SLA concomitante est suspectée.

Les DLFT sont-elles héréditaires ?

Les DLFT sont les pathologies neurodégénératives dont l’origine est le plus souvent génétique. En effet, jusqu’à 40 % des patients présentent des antécédents familiaux de DLFT et/ou SLA, et un gène causal peut-être identifié dans environ 10 % des cas. 

Existe-t-il un traitement contre les DLFT ?

Aucun traitement ne permet de ralentir ou de stopper l’évolution de la maladie. La prise en charge est donc focalisée sur les symptômes :

  • La lutte contre les troubles comportementaux repose avant tout sur des mesures non médicamenteuses (formation des aidants, adaptation de l’environnement, approches psychosociales…). Il est parfois nécessaire d’avoir recours à des traitements médicamenteux (molécules de la famille des antidépresseurs ou des antipsychotiques).
  • Les troubles cognitifs, en particulier du langage, et sémantiques justifient d’une remédiation cognitive avec un orthophoniste.

Enfin, du fait du retentissement de la maladie sur le quotidien, la vie sociale, familiale et professionnelle, des mesures médico-sociales doivent fréquemment être prises : mise en arrêt de travail, mise en place de mesures de protection (curatelle, tutelle) en cas de dépenses excessives, intervention au domicile d’équipes spécialisées (ergothérapeutes, psychomotriciens) pour adaptation de l’environnement, interdiction de la conduite…

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