7 août 2018
« Faire confiance au baluchonnage »

L’expérimentation du baluchonnage a été validée par l’Assemblée nationale le 31 juillet. Directrice de la Fondation Baluchon Alzheimer au Québec, Guylaine Martin explique pour France Alzheimer et maladies apparentées à quel point ce service peut constituer une aide précieuse pour les aidants en quête de répit.

Comment est financée votre Fondation ?

Guylaine Martin : Par des subventions publiques puisque nous sommes officiellement reconnus officiellement par la province du Québec depuis 2008. Ce financement nous impose une limite de 2 000 jours de baluchonnage par an maximum, même si nous pourrions assurer 3 000 heures de baluchonnage sans difficulté. La demande est beaucoup plus importante que l’offre. Pour les familles, le reste à charge pour les familles représente, en moyenne, 11 euros par jour.

Sur quels critères les baluchonneurs sont-ils recrutés ?

G. M. : Nos baluchonneurs (23 femmes et un homme) sont souvent des retraités du réseau public de santé, motivés par l’idée de travailler dans un cadre non-institutionnel. Ils veulent aussi avoir du temps pour s’occuper des personnes malades. Nous recrutons des profils divers, que ce soit des infirmiers ou des dames de compagnie. Les baluchonneurs n’ont pas tous les mêmes compétences et la même expérience. Nous prenons donc en compte le niveau de dépendance de la personne malade pour choisir, en concertation avec la famille, quel baluchonneur viendra s’installer au domicile. Un journal d’accompagnement est rempli par le baluchonneur pour permettre à l’aidant de savoir ce qu’il s’est passé durant son absence. Un suivi est également effectué pour transmettre aux aidants certaines connaissances et vérifier si les stratégies mises en place fonctionnent toujours.

« Des études confirment le bien-fondé du baluchonnage »

Quel est le ressenti des familles ?

G. M. : Une famille sur deux environ souhaite poursuivre le baluchonnage après en avoir bénéficié une première fois. Mais pour que cela fonctionne et qu’une relation de confiance soit établie, il faut que l’organisation sollicitée par les familles soit connue et reconnue. N’oublions pas que l’on demande aux gens de nous faire confiance alors qu’ils ne nous ont jamais vus avant.

Comment assurer l’équilibre entre qualité du service et temps de repos que doit observer le baluchonneur ?

G. M. : Le temps de travail est équivalent au temps de repos. Il n’est pas possible de travailler plus de 14 jours par mois et plus de 168 jours par an. Le baluchonnage n’est pas conciliable avec certains aspects de la vie : impossible d’être baluchonneuse et mère de jeunes enfants dépendants à la maison. Les aidants sont aussi plus à l’aise avec une personne expérimentée.

Que diriez-vous aux décideurs publics qui doutent de l’efficacité du système ?

G. M. :  Des recherches et des chiffres confirment le bien fondé du baluchonnage sur la qualité de vie des familles. Depuis plusieurs années, je me rends en France et constate que les familles sont convaincues par ce système. Au Québec, nous avons essayé sans tout connaître à l’avance mais cela a fonctionné. Il faut juste faire confiance au principe du baluchonnage.

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