Les EHPAD devraient changer de nom et se transformer en Maison France Autonomie en 2027

4 mai 2026
Les EHPAD devraient changer de nom et se transformer en Maison France Autonomie en 2027

1

Pourquoi un changement de nom ?

Après les annonces d’une mobilisation France Autonomie en 2027 ce changement de vocabulaire nous laisse pour le moins perplexes.
Faut il rappeler que depuis le plan Alzheimer 2008/2012 qui a permis une réelle avancée dans le diagnostic et la prise en soin des personnes vivant avec la maladie ainsi que les solutions d’accompagnement pour les proches aidants, aucun autre plan n’a vu le jour. Les différentes feuilles de route annoncées n’ont bénéficié d’aucun autre financement et plus gravement la stratégie nationale maladie neuroévolutive qui représentait une réponse cohérente et ambitieuse, non seulement ne permettait pas d’y voir clair dans les financements mais maintenant semble être repoussée après le report sine die d’un plan grand âge.
L’annonce d’une conférence nationale de l’autonomie à l’automne 2026 ne nous parait pas à la hauteur des enjeux qui se présentent déjà à nous, association de familles et de personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer et apparentée. Nous qui sommes sur tous les territoires au plus près de ce qui se vit nous savons bien ce qu’il est urgent de mettre en œuvre en termes de diagnostic, d’accompagnement des proches, d’écoute de la parole des personnes vivant avec la maladie, de formation des personnels à domicile et en établissement sans parler de la recherche non seulement en sciences fondamentales mais aussi en science sociales.
Est-ce qu’un simple changement de nom sera la solution aux difficultés financières et humaines que traversent les EHPAD ?
Est-ce que le bannissement du vocabulaire commun du mot de « DEPENDANCE » pour le remplacer par l’ AUTONOMIE va suffire à l’assurance que les personnes , au stade sévère de la maladie, vont pouvoir continuer à être correctement, respectueusement et humainement accompagnées dans leur chemin de vie jusqu’à leur terme ?
La dépendance pour les actes de la vie quotidienne nécessite une prise en soins par des personnels formés, en nombre suffisant, écoutés et soutenus, aux cotés de leur famille.
Elle implique une notion de solidarité humaine, professionnelle  et sociétale et c’est une obligation pour un état que de prendre en compte les plus vulnérables.
Le risque d’une priorité absolue donnée à l’autonomie, bien souhaitable évidemment risque fort de laisser sur le bord du chemin ceux qui n’y auront plus accès malgré tout et d’abandonner leurs familles dans la désespérance d’un devenir privé de sens.

Geneviève Demoures