4 août 2020
À domicile, des aidants au moral d’acier

Les aidants se sont retrouvés démunis pendant la période du confinement. Mais ils ont fait preuve de courage et d’ingéniosité.

Annie Piquot a 77 ans. Elle vit dans un appartement au Havre (Seine-Maritime) avec son mari, Paul, âgé de 88 ans et diagnostiqué il y a 5 ans maintenant.

« C’est la période la plus dure depuis l’annonce du diagnostic. Je ne peux pas faire ce que j’ai envie de faire. Je suis en veille constante pour mon mari, jour et nuit. J’organise même des activités pour lui à la maison, pour entretenir ses capacités cognitives. C’est fatigant parce que la maladie s’aggrave, presque de jour en jour. Cela peut se transformer en violence verbale, et même physique. Et ça, on ne peut pas l’anticiper. Quand la colère démarre, elle est violente. Mon mari ne peut pas ouvrir la porte, sinon il s’en va, alors ça le frustre. Toute cette situation l’angoisse. »

« Et puis, je suis déçue », ajoute Annie. « Je n’ai pas vu de différence entre le confinement et le déconfinement parce que les ateliers n’ont toujours pas repris. Je m’occupe tout le temps de mon mari à la maison. Quand il allait aux ateliers, quand il se rendait à l’accueil de jour une fois par semaine, je pouvais avoir du répit. Là, depuis le début de la crise sanitaire, ce n’est plus possible. »

Ce type de témoignages d’aidant à domicile est souvent revenu dans les appels téléphoniques reçus par les bénévoles de France Alzheimer. Annie souligne toutefois l’aide apportée par les services de soins et d’aide à domicile, ainsi que celle de leur fils, qui leur fait notamment les courses. Notre interlocutrice salue également l’aide apportée par l’association départementale France Alzheimer, qui lui permet de souffler deux heures par semaine grâce à l’intervention d’une personne à domicile. Une aide relancée début juin.

Et parfois, il arrive que les choses se passent mieux qu’espéré pour les aidants. Comme pour Anne-Marie, âgée de 78 ans, habitant la région de Beauvais (Oise), aidante de son mari âgé de 82 ans et diagnostiqué en 2012.

« Cette crise sanitaire, l’un dans l’autre, ça s’est bien passé », glisse Anne-Marie. « Nous avons trois enfants, trois fils, dont un qui habite Paris. Et comme il était en télétravail, il a passé toute la période du confinement à la maison. Ça a été un coup de main apprécié, bien évidemment. Olivier m’aidait, il faisait les courses… Des amis et des voisins prenaient également de nos nouvelles. Quand on est aidé, quand on sait que l’on est entouré, ça remonte le moral. »

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