25 mars 2020
Confinement : comment prendre soin de son proche malade ?

Dans le contexte de crise sanitaire provoqué par le Coronavirus, le confinement à domicile avec un proche vivant avec la maladie d’Alzheimer peut être une situation compliquée. Les équipes de France Alzheimer sont mobilisées pour vous accompagner et vous aider à mieux vivre cette situation. Vous découvrirez dans cet article quelques suggestions et conseils utiles pour pratiquer des activités spécifiques à domicile et rythmer votre journée.

Planifier la journée à l’avance

Créer une routine pour les proches ayant des troubles cognitifs est un facteur essentiel pour leur offrir un environnement sécurisant et stable durant cette période nouvelle. Il est en outre très important de laisser la possibilité à la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer d’exprimer ses inquiétudes. Vous pouvez essayer d’y répondre et l’aider à mieux comprendre la situation.

La réalisation d’un planning quotidien et l’instauration d’une routine permettent aux personnes malades de mieux appréhender le déroulement de la journée et crée une atmosphère sereine, calme et organisée à la maison. Néanmoins, vous n’êtes pas tenus de le respecter à la lettre et vous pouvez l’adapter avec souplesse si la personne est agitée ou si elle refuse de coopérer.

Comment rester actif ?

Malgré le confinement, les personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer ont besoin de demeurer actives et de continuer à faire des choses qu’elles aiment. Leur proposer de participer à des activités procure une sensation de bien-être et contribue à diminuer le niveau d’anxiété ou d’agitation qu’elles pourraient ressentir en restant inactives.

De nombreuses activités peuvent être réalisées avec une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer, mais dans une situation de confinement, nous ne devons conserver que celles qui se pratiquent à domicile, tout en restant créatifs. Afin d’éviter des situations de frustration ou de rejet, il est important d’ajuster les activités aux capacités réelles et au degré de contentement que peut ressentir votre proche. De plus, les activités doivent être clairement expliquées et encouragées pour lutter contre l’apathie.

Quelques pistes pour favoriser la stimulation cognitive

  • Réserver un moment pour des jeux de plateaux ou des activités récréatives, adaptées aux capacités et aux préférences de la personne. Un exemple de jeu créatif consiste à cacher de petits objets dans un bocal de légumineuses ou de pâtes. Vous pouvez demander à votre proche de deviner ou de décrire par le toucher quel est l’objet caché, ou plus simplement de le retrouver.
  • Engager une discussion à partir d’objets ayant une charge émotionnelle positive, comme des photos de famille ou d’autres objets personnels : de vieux journaux ou magazines, des lettres, des cartes postales…. peuvent réactiver des souvenirs de famille.
  • Faire des activités manuelles, commedu collage ou du coloriage. Votre proche peut faire du découpage-collage, du tricot ou des activités de bricolage. Il convient de toujours adapter les activités proposées aux goûts et aux possibilités de la personne et de trouver également des activités qui pourront vous aussi vous faire plaisir. Bien sûr, il ne faut jamais négliger les règles de sécurité. Rappelez-vous que ce n’est pas le résultat qui compte, mais bien le plaisir que ressent la personne en restant active. Chaque petite tâche accomplie permet à votre proche de rester motivé.
  • Prendre soin des plantes ou de vos animaux de compagnie. Vous pouvez passer un moment dans la journée à arroser les plantes ou nettoyer les feuilles mortes. Si vous avez un animal de compagnie, vous pouvez prendre soin de lui : nourrissez-le, brossez ses poils, lavez-le ou caressez-le. La promenade avec un animal de compagnie peut aussi être salutaire, quand la tension devient trop forte. Il convient alors de respecter les précautions d’usage, la durée autorisée et de prendre soin de se munir d’une autorisation de sortie. Bien rappeler les consignes et la raison de ces dernières, afin que la personne ne soit pas déstabilisée en cas de contrôle.
  • Écouter de la musique, chanter, danser. La musique a le pouvoir de stimuler les émotions et la cognition et d’aider à améliorer l’humeur, la qualité de vie, ainsi que le sentiment de bien-être. Les activités en lien avec la musique peuvent s’avérer très bénéfiques pour les personnes présentant des troubles cognitifs. Ses effets sont amplifiés lorsque les chansons ont une connotation émotionnelle renvoyant à des souvenirs ou à des expériences personnelles. Vous pouvez choisir des chansons particulières que votre famille avait l’habitude d’écouter ou sur lesquels vous avez pu danser, en lien avec la jeunesse de votre proche ou évoquant des moments joyeux du passé. Si vous ne savez pas quelles chansons choisir, mais que vous voulez passer un moment à éveiller des souvenirs et des émotions, il est également possible d’utiliser les ressources en ligne (en sélectionnant les chansons par période de temps).
  • Inviter la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer à s’impliquer dans les tâches ménagères. En fonction du degré d’autonomie et du degré de familiarité la tâche proposée, vous pouvez demander à la personne de vous aider dans différentes tâches, telles qu’étendre ou plier le linge, ranger les vêtements, mettre et débarrasser la table, balayer le sol, faire le lit, équeuter des haricots verts, écosser les petits pois, etc.
  • Profiter de l’air frais et du soleil malgré les limitations imposées par le confinement: depuis une fenêtre, un patio, un balcon, une terrasse ou un jardin. Éviter autant que possible les espaces communs.

Activités physiques : nécessaires et possibles !

L’activité physique est essentielle pour assurer un mode de vie sain. Le confinement impose bien évidemment de nombreuses limitations, mais vous pouvez trouver des alternatives pour conserver un minimum d’activité physique. Si votre proche est une personne sportive et aime faire de longues promenades, rester à la maison peut le rendre nerveux. Vous pouvez alors lui proposer d’autres activités physiques permettant de dépenser son énergie. À l’inverse, si vous n’êtes pas habitués à faire régulièrement de l’activité physique, ceci peut être une excellente occasion de débuter une pratique douce. Commencez avec des exercices faciles pour éviter des blessures. Dans tous les cas, privilégiez des activités simples limitant le risque de chute ou de coups.

Quelques activités physiques à faire chez soi

Il est nécessaire d’adapter le type d’exercice, son intensité, ainsi que sa durée à la condition physique et à l’état général de chacun, en tenant compte de l’espace disponible. Évitez tout exercice qui pourrait être source d’inconfort ou de douleur et interrompez la séance si une sensation d’inconfort apparaît.

Voici quelques exemples d’exercices à faire chez soi avec une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer :

  • monter et descendre les escaliers ;
  • faites-vous des passes avec un ballon ;
  • penchez la tête en avant puis en arrière en étirant toute la longueur du cou, très doucement et sans forcer. Ensuite rapprochez une oreille de l’épaule du même côté, puis le menton de la poitrine, et puis l’autre oreille de l’autre épaule. Faites toujours doucement la séquence, et arrêtez à chaque étape. Enfin, aussi doucement et lentement que possible, tournez la tête d’un côté puis de l’autre comme pour dire “non” ;
  • asseyez-vous sur une chaise avec le dos droit et les pieds au sol,écartés à la même distance que la largeur des épaules, paume des mains vers le bas, soulevez les bras sur le côté, jusqu’à la hauteur des épaules. Vous pouvez maintenir la position pendant 5 à 10 secondes puis baissez les bras doucement ;
  • effectuez le même type d’exercice que précédemment mais cette fois-ci en soulevant les bras vers l’avant. Si possible, et s’il n’existe aucune contre-indication, ces exercices peuvent être pratiqués en portant un objet d’un poids modéré ;
  • levez-vous puis rasseyez-vous d’une chaise, en essayant de ne pas vous servir de vos bras. Si vous avez des problèmes d’équilibre ou de stabilité, faites cet exercice sur un fauteuil avec des accoudoirs ;
  • debout, appuyé contre le dossier d’une chaise ou d’une table, tenez-vous doucement sur la pointe des pieds, puis reposez le pied à plat sur le sol ;
  • en gardant la même position que l’exercice précédent, pliez alternativement un genou puis l’autre.

Ce ne sont là que quelques exemples d’exercices pour maintenir l’activité physique à domicile. « L’activité physique » fait référence à tout mouvement corporel qui entraîne une dépense d’énergie, et par conséquent : bougez !

Le cas échéant, suivez également les conseils ou les directives des professionnels de l’accueil de jour que la personne vivant avec la maladie d’Alzheimer fréquente habituellement

Les suggestions générales présentées ici ne remplacent en aucun cas les conseils des médecins spécialisés. Si vous avez des questions spécifiques concernant la condition médicale de votre proche, il est préférable de consulter son médecin traitant ou d’appeler le médecin du centre mémoire qui le suit (des permanences téléphoniques ont été organisées dans de nombreux centres) et de vous abstenir d’effectuer ces exercices physiques jusqu’à ce que vous ayez obtenu une réponse.  

Recourir à la technologie pour maintenir un lien avec sa famille et son entourage

La technologie et les réseaux sociaux peuvent nous aider à rester en contact avec nos proches. Ils permettent d’interagir à distance avec les personnes, à défaut de pouvoir leur rendre visite en personne. Un appel en visioconférence peut permettre de passer un bon moment avec ses proches. Cependant, ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas les outils technologiques nécessaires. Un coup de fil régulier est un moyen très efficace pour rompre l’isolement, pour rester en contact avec votre famille et vos amis, et pour demander des conseils ou de l’aide si besoin.

N’oubliez pas, si vous  avez besoin de soutien, n’hésitez pas à contacter l’association départementale la plus proche de chez vous. https://www.francealzheimer.org/contactez-votre-association-locale/

France Alzheimer et maladies apparentées souhaite remercier la Fondacion Pasqual Maragall  (https://blog.fpmaragall.org/pour leurs conseils avisés, Atlantic fellows de Global Brain Health Institute pour l’aide à la traduction, et la Fédération des centres mémoires pour leur relecture.