17 septembre 2018
Comment faire face aux troubles alimentaires

Élément central de la prise en soin, l’alimentation doit faire l’objet d’une attention particulière de la part de l’aidant. Repérer les troubles alimentaires touchant le proche malade prévient en effet le risque de dénutrition.

C’est l’un des moments clés de la journée, tant pour la personne malade que pour l’aidant. Moment convivial par excellence, le temps du repas peut pourtant s’avérer être un instant compliqué, voire angoissant, dans le contexte de troubles alimentaires touchant la personne malade. “C’est tout le paradoxe de ce temps du repas qui se veut être un moment de détente mais au cours duquel l’aidant peut rencontrer certaines difficultés”, explique Judith Mollard-Palacios, psychologue chez France Alzheimer et maladies apparentées.

La perte de poids : un des signaux d’alerte

Une personne malade qui refuse toute alimentation et s’énerve, qui ne termine pas ses plats, qui mange lentement ou qui refuse de s’asseoir et continue de déambuler… Autant de signes de troubles alimentaires qui doivent alerter l’aidant. La perte de poids en est une autre. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces troubles alimentaires. À commencer par une pathologie associée à celle de la maladie neurodégénérative. Sont ainsi avancés par les professionnels de santé un possible problème bucco-dentaire, des douleurs abdominales, une pathologie digestive, des troubles de la déglutition, voire un état dépressif.

Prévenir la dénutrition

La qualité de l’environnement au moment des repas s’avère importante. Elle conditionne l’attention, la concentration et l’entrain de la personne malade. Enfin, les perturbations physiologiques liées à l’âge, comme la diminution de l’odorat, du goût ne doivent pas être minimisées. Une chose est sûre : l’objectif pour l’aidant est de prévenir la survenue de la dénutrition en incitant son proche à conserver une alimentation variée et équilibrée. Cette alimentation devra être personnalisée en fonction des goûts et habitudes de chacun. En cas de perte de poids ou d’appétit, il est ainsi conseillé de fractionner l’alimentation et enrichir les préparations à l’aide d’oeufs, de jambon, de beurre (la déambulation augmente les dépenses énergétiques) mais aussi de de recourir à des suppléments diététiques hypercaloriques et hyper protéinés. Il faut enfin respecter les goûts, réticences et habitudes alimentaires de la personne, favoriser la convivialité et le plaisir. Car, le repas n’a pas seulement un intérêt nutritionnel, il structure la journée et participe aux plaisirs de la vie de la personne malade.

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