21 août 2019
Bande à part : Des proches aidants racontent l’annonce du diagnostic, et la vie après

Pour le 7e épisode de Bande à part, émission de radio portée par des personnes malades, les participants sont venus avec des membres de leur famille. L’émission a été des plus émouvantes.

Les joyeux compagnons de Bande à part, émission d’Alzheimer la radio portée par des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, se sont retrouvés une 7e fois avant la rentrée en septembre. Pour ce nouvel épisode de Bande à part, Joëlle, Jacques et Allyre étaient présents, Gérald étant déjà en vacances.

Après le choc, le quotidien a repris le dessus

Mais même avec l’absence de Gérald, il y avait plus de monde que d’habitude autour de la table de Bande à part. A l’occasion de ce 7e épisode, les participants sont venus avec des personnes de leur famille.

Jacques était ainsi accompagné de sa fille, Valérie. Elle a expliqué comment elle avait appris le diagnostic. « J’étais là quand la nouvelle est tombée. J’accompagnais mon père chez le docteur. Vous vous doutez bien que ça a été un cataclysme. Je ne voulais pas l’admettre avant. Ça a été un long cheminement de presque 6 mois. Je me suis rendue compte que j’étais dans le déni. Je ne voulais pas admettre que c’était possible. Et puis, quand la nouvelle est tombée, mon père s’est écroulé devant moi. Ça a été un second cataclysme. Un moment très dur. Nous sommes sortis de là et je me suis rendu compte que face à la vie réelle, la normalité reprenait le dessus. Nous sommes allés déjeuner ensemble et le travail a commencé à se faire. Cela fait maintenant un an et demi que mon père a été diagnostiqué Alzheimer. Cette maladie fait partie de notre normalité. Je l’ai accepté », a expliqué Valérie, émue au micro, se souvenant que son père avait dit, lors de la précédente émission de Bande à part, qu’il ne s’était toujours pas remis de l’annonce du diagnostic.

« J’arrive même à voir le bon côté de la maladie », a enchaîné Valérie. « Je ne suis pas seule, et puis ça a ouvert des horizons. Quand je compare sa vie à celle d’avant l’annonce de la maladie, je trouve qu’il a une vie plus riche. Il fait des tas d’activités, il rencontre plein de personnes formidables. Moi aussi. Je pense que ça a été une leçon de vie d’accepter, et de grandir à partir de ça. »

Très attentive, Joëlle, elle, avait invité son mari pour la dernière émission de Bande à part avant l’été, mais il n’a pas pu venir. « Il attend le chauffagiste, il y a une fuite à la maison », a-t-elle glissé avant d’interpeller Valérie avec le sourire. « L’être humain est fait comme ça, il s’adapte aux circonstances. »

« Pour l’instant, nous arrivons à en rire »

Tout comme Jacques, Allyre est venu avec sa fille, Aurélie. « J’ai trouvé cela injuste que cela nous arrive à nous, et à mon papa surtout. Cela m’avait beaucoup touché. Je pensais que j’allais perdre mon père, que nous ne pourrions plus vivre de la même manière, que nous n’aurions plus la même vie. C’était ça, mes premières pensées. Et puis, c’est vrai que notre vie est peut-être différente, mais on s’en sort très bien, je trouve. »

Aurélie a ensuite expliqué son propos. « Mon papa a très vite accepté la maladie. Il a annoncé sa maladie à sa famille, à son entourage, à ses amis, à peu près 6 mois après l’annonce du diagnostic. Nous en avons parlé entre nous, nous avons pu analyser s’il y avait ou non des changements de comportement, comment la maladie agissait sur notre père. Et pour l’instant, nous arrivons à en rire. Nous sommes même heureux de le voir plus souvent à la maison. »

Écoutant sa fille avec beaucoup d’attention, Allyre ne parvenait pas à cacher son sourire dans sa barbe poivre et sel. Il a tenu le même discours lors de la précédente émission.

Vous pouvez réécouter le 7e épisode de Bande à part : https://radiofrancealzheimer.org/broadcast/11195-Bande-%C3%A0-Part-E7-S1