Un nouvel espoir contre la maladie d’Alzheimer grâce à une molécule « double action »

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Le Docteur Dallemagne a développé une molécule capable d'agir simultanément sur plusieurs mécanismes impliqués dans la maladie d'Alzheimer, avec des résultats prometteurs obtenus chez la souris.

La maladie d’Alzheimer est une maladie complexe qui ne pourra probablement pas être traitée par un seul médicament. Les chercheurs s’orientent aujourd’hui vers des approches capables d’agir simultanément sur plusieurs mécanismes impliqués dans son développement.

Dans ce contexte, le docteur Dallemagne et son équipe ont développé une série de nouvelles molécules capables de cibler à la fois la transmission cholinergique, essentielle à la mémoire et à l’apprentissage, et le système sérotoninergique, impliqué dans la régulation de l’humeur mais aussi dans le maintien des connexions entre les neurones. Leur stratégie repose sur une prodrogue, une molécule initialement inactive qui est activée lorsqu’elle interagit avec la butyrylcholinestérase, une enzyme dont l’activité augmente au cours de la maladie d’Alzheimer. En inhibant cette enzyme, la molécule contribue à préserver l’acétylcholine, un neurotransmetteur indispensable aux fonctions cognitives. Cette activation permet également de libérer un composé capable d’inhiber la recapture de la sérotonine, un autre neurotransmetteur dont le déficit est observé dans la maladie et qui pourrait favoriser la communication entre les neurones.

Les chercheurs ont conçu une dizaine de ces molécules grâce à des outils de modélisation moléculaire, avant de les synthétiser et d’évaluer leur activité en laboratoire. Les composés les plus prometteurs ont ensuite été testés chez la souris dans un modèle expérimental de la maladie d’Alzheimer. L’un d’eux a permis de prévenir totalement les troubles de la mémoire à court et à long terme provoqués par l’administration d’oligomères β-amyloïdes, des formes toxiques de la protéine β-amyloïde impliquées dans la maladie.

Ces résultats constituent une preuve de concept encourageante. Ils montrent qu’il est possible de combiner, au sein d’une même molécule, plusieurs mécanismes d’action susceptibles d’agir simultanément sur les troubles cognitifs et la protection des neurones. Bien que ces travaux doivent encore être confirmés par des études précliniques puis cliniques, ils ouvrent une nouvelle piste dans le développement de traitements plus complets contre la maladie d’Alzheimer.