29 avril 2026
La 37ème conférence d’ADI, « un grand geste d’amour »

La 37ème conférence d’Alzheimer’s Disease International s’est clôturée ce 16 avril à Lyon, en France. Cet événement a été un véritable succès à plusieurs égards.

Près de 1400 personnes issues de près de 100 pays ont assisté à une 37ème édition très réussie de la conférence d’Alzheimer’s Disease International, organisée à Lyon, du 14 au 16 avril. L’association France Alzheimer et maladies apparentées a activement participé à la conférence et à son organisation, grâce à la présence de nombreux bénévoles et collaborateurs, aux interventions de plusieurs salariés et de son président, ainsi qu’à une visibilité renforcée avec un stand dédié et la présence de Radio Alzheimer.

Placée sous le thème « Solutions for today and tomorrow » (« Des solutions pour aujourd’hui et pour demain »), cette 37e édition a fait dialoguer l’urgence du présent et les promesses de l’avenir. La lutte contre Alzheimer est à un moment charnière. D’un côté, les besoins explosent, avec plus de 55 millions de personnes vivant aujourd’hui avec la maladie dans le monde, d’après les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ce chiffre est appelé à presque tripler d’ici 2050 selon les projections internationales. De l’autre côté, la recherche avance, avec l’émergence de nouveaux outils diagnostiques, de traitements ciblés et d’approches innovantes d’accompagnement.

Durant trois jours, les échanges se sont articulés autour des sept grands axes du plan mondial de l’OMS sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées : prévention, diagnostic, soins, soutien aux aidants, recherche, systèmes d’information et reconnaissance de la démence comme enjeu de santé publique. Les intervenants ont été des plus divers : personnes malades, aidants, neurologues, monde associatif… Cette approche globale rappelle que la maladie d’Alzheimer ne se résume pas à une question médicale.

La conférence ADI a cette singularité rare de faire se rencontrer science et expérience vécue. Ici, la parole des chercheurs côtoie celle des aidants et des personnes malades. Ce croisement des regards permet de penser des solutions ancrées dans la réalité quotidienne.

« Urgence à agir »

« Nos vécus et nos besoins sont bien réels, malgré le silence que l’on tente de nous imposer parfois et que je refuse obstinément, criant haut et fort, partout où je le peux, que notre détermination est sans faille », explique Joël Jaouen, président de France Alzheimer.

« Chaque jour, sur le terrain, auprès des personnes malades et de leurs proches, nous voyons à quel point il est urgent d’agir », poursuit Joël Jaouen. « Cette urgence ne doit absolument pas nous décourager, elle doit être notre moteur commun. Elle doit nous pousser à innover, à coopérer, à partager davantage car je suis convaincu que les solutions existent. Elles naissent ici, dans ces espaces de dialogue, et dans nos pays respectifs, dans la rencontre entre les expertises scientifiques, les expériences de terrain et les réalités vécues par les personnes concernées. »

« Nous repartons avec des idées »

« Ces trois jours de conférence ont été intenses, riches d’échanges, de réflexions et de partages d’expériences », ajoute Benoit Durand, directeur délégué de France Alzheimer. « Ils ont confirmé une conviction forte : face au défi de la maladie d’Alzheimer, notre force réside dans l’action collective, la coopération internationale, suscitée par Alzheimer’s Disease International, et l’écoute des personnes directement concernées. »

« Nous repartons avec des idées, des solutions concrètes, mais aussi avec une responsabilité renouvelée : celle de transformer ces engagements en actions durables, au bénéfice des personnes malades, de leurs proches aidants, où qu’ils se trouvent et quel que soit leur âge et au service des professionnels qui les accompagnent », ajoute Benoit Durand.

« Pas des plans de papier »

La directrice d’ADI, Paola Barbarino, était très heureuse de cette 37ème conférence. « Cette conférence est un grand geste d’amour. Quand on voit ce monde, la force qui vient de ces personnes, de ces familles, quand on voit l’engagement des intervenants, on sort plein d’énergie de cette conférence. »

Lors de son discours d’ouverture, Paola Barbarino a mis en avant le fait que de plus en plus de pays dans le monde ont mis en place des plans. Elle espère que cette dynamique se poursuive, et que la France redevienne une locomotive en la matière. « Ces plans doivent être globaux. Ils doivent aborder la recherche, le diagnostic, la réduction des risques, l’accompagnement des aidants… Ces plans globaux forment les meilleures réponses à apporter face à la maladie. Mais ça ne doit pas rester des morceaux de papier. Il faut des fonds et qu’ils soient bien utilisés. »

C’était la dernière conférence internationale d’ADI pour Paola Barbarino, qui quitte la direction de l’association après 9 ans à sa tête. Vous pouvez écouter son interview complète sur Radio Alzheimer ci-dessous, ainsi que six autres podcasts réalisés sur place.