Les anecdotes de Jean-Marie – Février 2019

3 juin 2019
Les anecdotes de Jean-Marie – Février 2019

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Les CHASSÉS-CROISÉS FACÉTIEUX des CHAUSSURONNETTES…

Bonjour bonjour, chères et chers collègues Aidant(e)s et Aidant(e)s** !
Vous allez bien ? La nouvelle année a-t-elle bien commencé ? Avec de nouvelles surprises et
aventures ? ou dans la continuité banale de l’accompagnement quotidien de la pathologie ?
Je vous invite donc à vous pencher sur un phénomène rituel curieux dont vous êtes
vraisemblablement familiers. Il s’agit de la ré-apparition, du déplacement, de la disparition et de
la migration désordonnée des” CHAUSSURONNETTES”. De quoi s’agit-il?
Les chaussuronnettes c’est la panoplie hétéroclite constituée par
– Les CHAUSSURes été/hiver: souliers, tongs, espadrilles, sandales, baskets et tennis,
chaussures de rando hautes et basses, sabots Crocs.
– Les chaussONs : pantoufles, mules, chaussons.
– Les chaussETTES : hautes, courtes, socquettes, sport, de rando simple et double peau,
fines, épaisses, laine ou coton ou molletonnées…
En effet, n’avez-vous jamais été confrontés à la difficulté engendrée, au cours de vos activités
domestiques, ou avant ou après un déplacement extérieur, à l’aube ou en soirée, par la
recherche d’une paire de chaussures , de chaussons ou de chaussettes appartenant à votre
conjoint ?
Pour ma part, j’ai vécu de nombreuses aventures rocambolesques , fantasques voire même
fabuleuses ! Telles que :
● Retrouver les chaussettes sales de mon épouse sous son oreiller, au fond du lit, dans
son petit sac à dos, dans ou sur la table de chevet, sur la machine à coudre, dans un
tiroir, sous le lit, dans une poche de son peignoir…
● Découvrir ses chaussons sur la machine à coudre, sur la boîte à couture / ses sabots
roses Crocs sur le guéridon de l’entrée ou sur le petit bureau / ses mules sur la table de
la cuisine, sur une étagère dans la sdb…
● Apercevoir ses espadrilles rayées sous un meuble, sous le bureau, ou dans sa valise
au milieu des sous-vêtements / ses chaussures basses de rando dans la chambre et
simultanément paradoxalement ses pantoufles sur le paillasson extérieur de l’entrée…
● Repérer , après de longues minutes de recherche, ses chaussures de rando sur le palier
supérieur / ses chaussons dans la bibliothèque, sur un radiateur / ses sandales au
milieu des boîtes de classements, derrière la porte d’entrée/ ses tennis parmi les
accessoires électroménagers, dans un placard coulissant / ses mules entre la passoire
et l’essoreuse à salade, ou entre les bouteilles d’eau et de lait, ou au milieu des boîtes
de conserve…
Mais il y a encore plus fantaisiste !
* Il y a plusieurs années, j’ai retrouvé les pantoufles de mon frère dans nos bagages au retour
d’un séjour dans les Hauts de France, puis je les ai fait rapatrier quelques mois plus tard, !
Quelle escapade hexagonale !
* Une autre fois, impossible de récupérer, après de vaines tentatives, au moment de rentrer
chez nous, ses espadrilles oranges laissées chez notre fille ! Ce n’est qu’une dizaine de jours
plus tard, qu’elles ont été débusquées par notre petit-fils dans une poche du polaire rouge
(couleur identique à celui de mon épouse) de ma fille, sur le porte-manteaux de l’entrée !
* Il arrive même que ce sont mes chaussettes , mes espadrilles ou mes chaussures basses qui,
détournées de leur point d’atterrissage, investissent les pieds désemparés de mon épouse !
Belle preuve d’amour fusionnel, n’est-ce pas ? Parfois encore, mon épouse, refuse de rendre,
au terme d’un séjour familial extérieur, les chaussons qui lui ont été prêtés, par un phénomène
d’appropriation involontaire…
* Mais cette substitution erratique a également affecté un ami que nous avons hébergé. Au
saut du lit, sidéré par la disparition de ses sabots gris Crocs qu’il recherche désespérément, le
voilà donc pieds-nus dans le séjour, complètement désolé ! Il me vient à l’esprit une idée que je
lui suggère : en effet, ses sabots gris Crocs avaient trouvé comme destinataires les pieds de
mon épouse, dont les sabots roses Crocs gisaient sous le lit ! Les retrouvailles furent joyeuses,
bien sûr ! Quel imbroglio et quel BONHEUR !
* J’en viens maintenant à évoquer immanquablement le fait d’enfiler 1 chaussette ou 1
chaussure différente à chaque pied. C’est vraiment anecdotique et de cela nous en sourions
plutôt conjointement ! Il s’avère également que mon épouse, en pyjama, constatant cette
anomalie, décide d’y remédier en enfilant, par exemple, 2 grosses chaussures ! Plus drôle
encore : j’ai déjà assisté à la cohabitation chaussette épaisse haute dans espadrille ou
socquette légère dans chaussure de rando haute… Quel décalage situationnel et temporel !
C’est époustouflant !
Enfin, d’autres phénomènes m’interpellent davantage et révèlent une plus intense
désorientation spatio-temporelle chez mon épouse, moins cocasse à mes yeux… Par
exemple la non-perception de l’utilité de retirer puis changer de chaussuronnettes avant de se
coucher, avant de marcher à l’extérieur et l’inadéquation du choix des chaussures ou
chaussettes nécessaires selon le type de terrain, la chaleur ambiante, les intempéries. Il arrive
que je ne réussisse pas à convaincre mon épouse à enlever ses grosses chaussures dans la
maison ou sur la plage en été! Ou bien, s’apprêtant à le faire, elle ne parvient pas, pourtant bien
décidée, à exécuter cette démarche, involontairement par OUBLI immédiat ! Durdur !
Autre réalité difficile à accepter également : il arrive sporadiquement que, sur le point de quitter
la maison, en me voyant troquer mes mules d’intérieur contre mes souliers , elle retire les
chaussures qu’elle avait gardées aux pieds pour enfiler ses chaussons… Aïe aïe aïe!
Quelles sont donc les stratégies à utiliser ou à inventer pour éviter cette perpétuelle chasse au
trésor et ce dérèglement sympathique systématique ?
1/ Déterminer un emplacement précis pour toute chaussuronnette de par sa nature, son utilité,
en fonction des besoins et des saisons, et reléguer ailleurs, hors de vue, toute chaussuronnette
inadéquate. Bref, effectuer classement et rangement rationnels!
2/ Préparer , anticiper , mettre à disposition les chaussuronnettes selon le moment de la journée
ou l’activité envisagée et accompagner son conjoint dans le choix de la chaussuronnette .
3/ Placer localisateur GPS sur paire de chaussuronnettes , qui, connectée, deviendrait
détectable sur écran géant récepteur, afin de situer l’emplacement précis où elle s’est
dissimulée!…
4/ Ou remède encore plus fantasque : Installer distributeur automatique de chaussuronnettes
programmé selon des critères précis : météo extérieure, température, activités internes et
externes envisagées, horaires journaliers, etc… Distribution effectuée en contrepartie d’une
restitution indispensable dans casier ouvert en attente!
5/ Enfin, solution ultime et radicale : MARCHER PIEDS NUS ! Pourquoi ne
déambulerions-nous pas pieds nus, chez nous, dans notre jardin et notre proche environnement
? Toutes les problématiques de recherche et de confusion seraient ainsi quasiment
neutralisées ! Après les sans-culottes, osons donc les sans -chaussuronnettes- va-nu-pieds !
Avec nos paires de chaussuronnettes , nous manifesterions en arborant une banderole “ Halte à
la Dictature de la Chaussure”! Et nous hisserions sur nos épaules, d’imposants sacs de dizaines
de chaussuronnettes que nous irions jeter devant les locaux d’associations humanitaires.
Chiche !
Ainsi, finis, les perpétuels CHASSÉS-CROISÉS ! Et les pathétiques et facétieuses
PÉRIPÉTIES tomberont dans les oubliettes !!
J’espère que vous n’avez pas pris au sérieux mes stratégies 3, 4 et 5, extravagantes et
irresponsables ! OUF ! J’abuse et je m’amuse… En effet, seules une attention continuelle et
soutenue, une prévention empathique, une anticipation naturelle peuvent éviter ce safari
vestimentaire domestique et la mise en difficulté de notre bien-aimé(e).
Et maintenant pour conclure gaiement ces élucubrations littéraires, je vous invite à chantonner
à voix haute ou basse, sur l’air des “petites marionnettes”:
“ Elles sont sont sont coquines les chaussuronnettes !
Elles nous jouent jouent jouent des p’tits tours et puis s’en vont !”
Finalement, cette chasse au trésor perpétuelle, cette disposition à anticiper, cette attention
permanente ne nous aident-elles pas à devenir plus créatifs , plus performants et plus
patients face aux difficultés vécues par notre conjoint (e)? Qu’en pensez-vous ? Cette réalité
ambiante et de surcroît farfelue fantasque fantaisiste, nous oblige donc à rester vigilants. Est-ce
que cela nous empêche de dormir, cher(e)s collègues ? NON !
Si l’Amour doit surpasser la Peine , l’Humour aussi doit terrasser la Peine !
Je vous quitte en vous souhaitant de garder bon pied, bon oeil, bon moral en 2019! . Bon
maraudage, bon papillonnage, bon repérage, bon chaussage, bon courage et … gai visage !