14 % : ce pourcentage souligne l’« hyperactivité » d’une partie des actifs. Aujourd’hui, un salarié sur douze s’occupe d’un proche en perte d’autonomie* (toutes pathologies confondues). On parle même d’un salarié sur cinq (20 %) chez les plus de 40 ans.

Quatre raisons expliquent l’augmentation du nombre de salariés aidants: le vieillissement de la population, l’expansion des maladies chroniques, l’entrée plus tardive sur le marché du travail, l’allongement de la durée du travail. Résultat : de plus en plus d’entreprises sont confrontées aux conséquences indirectes d’une situation qui voit une partie de leurs collaborateurs devoir concilier responsabilités professionnelles et accompagnement d’un proche malade.

 

Quand on parle des conséquences pour le collaborateur, nous parlons de fatigue physique, de perte de concentration, d’absentéisme, de sentiment d’isolement, de stress, d’irritabilité

Explique Judith Mollard-Palacios, psychologue chez France Alzheimer et maladies apparentées. Ce constat, voilà déjà plusieurs mois que Jean-François en fait l’amère expérience, lui qui accompagne son épouse malade de 53 ans. Si ce cadre dans une entreprise agro-alimentaire se dit pleinement « satisfait de pouvoir encore être aux côtés de son épouse et de vivre des moments intenses malgré la maladie », il avoue que sa double vie de salarié et d’aidant est éreintante.

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« Être aidant ne s’arrête pas aux limites du foyer. C’est téléphoner sur l’heure du déjeuner pour voir si tout va bien ; c’est prendre une demi-journée de RTT pour l’accompagner chez le médecin ; c’est parfois quitter le travail en urgence car ma femme ne répond plus au téléphone ; c’est être aux petits soins après le travail et le week-end ; c’est faire les courses le samedi etc. »

Sans oublier les responsabilités professionnelles…

Des dispositifs d’aide peu rémunérés, peu connus, peu flexibles

Les dispositifs existants pour soutenir les aidants en activité ne répondent que partiellement à leurs attentes. En effet, les congés, dits de « solidarité familiale » et de « soutien familial », sont peu ou pas rémunérés, peu connus et peu flexibles. De plus, là où les aidants salariés ont besoin de flexibilité au quotidien et sur un temps long, les dispositifs en place favorisent, au contraire, des absences ponctuelles. Enfin, de nombreux aidants affirment « vouloir davantage bénéficier de formules de conciliation et de soutien sur leur lieu de travail pour ne pas en être éloignés ». C’est pourquoi les entreprises devraient être davantage associées et impliquées à la mise en place de dispositifs en faveur des aidants salariés (télétravail, horaires aménagés sur le même modèle que ce qui est fait à l’attention des jeunes parents…).

Être aidant ne s’arrête pas aux limites du foyer.

Le soutien aux aidants en activité pose également la question des limites et des formes de l’intervention de l’état. Les aidants, présentés comme « des maillons essentiels de la prise en soin », fondaient beaucoup d’espoirs dans la réforme annoncée de la perte d’autonomie. Le projet de loi avancé aujourd’hui laisse cependant de nombreuses questions sans réponses. Et pourtant, il y a urgence à agir pour soutenir ces aidants qui exercent une incroyable « mission de service public » à titre bénévole et bien souvent « à leurs frais ».

*Etude bva/Fondation Novartis, 2010.