Plus de 100 ans après la découverte de la maladie d’Alzheimer, on ne connait toujours pas précisément les causes de cette pathologie neurodégénérative complexe. Pour autant, le volume de connaissances n’a fait que croitre et la prise en soin des personnes malades s’est considérablement améliorée.

Seule une compréhension détaillée des modalités d’apparition et de développent de la maladie (Alzheimer et maladies apparentées) permettra la mise au point de traitements spécifiques et efficaces. Des analyses génétiques et des études épidémiologiques ont ainsi permis d’identifier des facteurs de risque et de susceptibilité augmentant significativement le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Grace aux études de prévention, nous savons qu’il est possible de cibler certains facteurs dits modifiables (risques cardio-vasculaires notamment) afin de repousser l’apparition des symptômes de la maladie et ses conséquences.

Parallèlement à la recherche fondamentale, la recherche clinique et pharmaceutique a permis de mettre des molécules thérapeutiques sur le marché.

L’ensemble des sciences médicales permettent l’étude de plusieurs thématiques de recherche :

– Mieux connaitre les mécanismes de la maladie

  • Comprendre quand, comment et pourquoi les lésions pathologiques s’installent
  • Identifier tous les facteurs biologiques susceptibles d’aggraver la pathologie
  • Caractériser les formes dites atypiques de la maladie et les maladies apparentées

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L'avenir appartient à ceux qui comprennent Tau

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– Optimiser les approches de prévention

  • Identifier de nouveaux facteurs de risque et de protection spécifiques à la maladie d’Alzheimer
  • Lancement d’études épidémiologiques
  • Réduire les facteurs de risques socio-environnementaux connus (diabète, hypertension, pathologies cardiovasculaires…) et favoriser l’adoption des bonnes habitudes hygiéno-diététiques
  • Mise en œuvre de grands essais cliniques de prévention

– Améliorer le diagnostic

  • Rechercher de nouveaux biomarqueurs de la maladie
  • Développer de tests efficaces et spécifiques, faciles à mettre en œuvre (sang…)
  • Affiner, évaluer et diffuser les techniques d’imagerie cérébrale

– Poursuivre le développement thérapeutique

  • Favoriser les interventions thérapeutiques précoces
  • Mise en œuvre d’essais cliniques aux stades les plus précoces de la maladie voire au stade pré-symptomatique (pour les cas héréditaires)
  • Améliorer la méthodologie des essais
  • Normaliser la classification et favoriser le recrutement des patients

Améliorer le diagnostic

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est principalement clinique. Il repose sur un examen neurologique (mené par un médecin spécialiste), l’exploitation d’un bilan neuropsychologique et, le cas échant, sur des examens d’imagerie du cerveau.

Pourquoi améliorer le diagnostic ?

  • Favoriser les interventions thérapeutiques précoces
  • Faciliter le parcours et la prise en soin des patients et des familles
  • Développer des tests diagnostiques plus accessibles
  • Développer des tests diagnostiques plus spécifiques pour faciliter le diagnostic différentiel entre maladie d’Alzheimer et maladies apparentées
  • Faire évoluer et diffuser les techniques d’imagerie cérébrale

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Super test pour Supers seniors

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Les biomarqueurs
Trois principaux biomarqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer ont été identifiés. Ils sont mesurables dans le liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire. Il s’agit de la protéine Tau totale, la protéine Tau phosphorylée et du peptide bêta-amyloïde Ab-42.

En neuro-imagerie, les chercheurs ont mis au point des radiotraceurs permettant de détecter les plaques amyloïdes in-vivo chez des patients. Plusieurs équipes travaillent maintenant au développement de radiotraceurs qui permettent de visualiser la pathologie Tau.

Un enjeu majeur de la recherche est de développer et d’identifier de nouveaux biomarqueurs. De tels biomarqueurs seront des outils indispensables du diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer devant permettre une meilleure prise en charge des personnes atteintes.

La recherche en sciences humaines et sociales

La recherche en sciences humaines et sociales vise à mieux appréhender les difficultés générées par la maladie, à analyser et à décrypter leurs conséquences dans le but d’agir concrètement pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes malades et de leur famille. Ces recherches sollicitent des savoirs pluridisciplinaires allant de la psychologie à l’économie de la santé en passant par le droit ou encore l’éthique.

A l’échelle de l’individu et de la société, il s’agit :

  • Définir les moyens et les méthodes d’un meilleur accompagnement des personnes malades (pratiques professionnelles, approches psychosociales, cadres juridiques, etc.)
  • Réfléchir aux besoins d’adaptation (place des personnes malades, parcours des aidants, enjeux éthiques, etc.)

Les approches non médicamenteuses

A l’heure actuelle, ces thérapies sont largement utilisées en institutions mais aussi en ambulatoire (hôpitaux de jour, consultations mémoires, associations, cabinet d’orthophonie…).

La recherche en santé publique a largement recours aux études de cohortes.

Une cohorte est un grand groupe de patients suivi dans le temps. Une cohorte est définie par différents critères en lien avec l’objectif de l’étude. Par exemple, personnes malades âgées de moins de 60 ans, personnes non atteintes de maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées… Il existe de très nombreuses cohortes en France, ce sont des outils indispensables à la recherche. La difficulté majeure reste néanmoins le suivi les participants sur le long terme (plusieurs dizaines d’années).

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Le chant des possibles

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La cohorte MEMENTO
Dans les champs de la maladie d’Alzheimer, MEMENTO est une cohorte nationale mise en place par le Plan Alzheimer 2008 -2012. Son objectif est de suivre plus de 2 300 individus recrutés à un stade précoce, dans des centres régionaux experts en clinique et en recherche sur les troubles cognitifs (CM2R) pour mieux comprendre l’histoire de la maladie. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Les résultats de l’étude de prévention MAPT – étude multicentrique française

L’étude MAPT pour Multidomain Alzheimer Prévention Trial, est une étude de prévention des troubles de la mémoire chez la personne âgées de 70 ans et plus. L’objectif de l’étude était de tester l’efficacité d’une intervention multidomaine, seule ou en associée à une supplémentation en omega-3, sur le déclin cognitif chez 1680 personnes âgées sur une période de 3 ans.

Les résultats de l’étude ont démontré que l’intervention multidomaine permettait de limiter le déclin cognitif et ce de manière plus importante encore chez les patients ayant bénéficié de la supplémentation en oméga 3.

Les résultats de l’étude française ETNA 3

L’objectif du programme de recherche ETNA3 était d’évaluer l’efficacité à long terme de 3 stratégies thérapeutiques non médicamenteuses : stimulation cognitive, thérapie par réminiscence, la prise en charge individuelle. Le but était de déterminer si ces thérapies permettent de retarder l’entrée dans la phase modérément sévère à sévère de la maladie.

Les résultats finaux de l’étude ont mis en évidence la supériorité du programme de prise en charge individuelle. Dans ce groupe, les chercheurs ont pu mettre en évidence une diminution significative des troubles fonctionnels et un délai de 6 mois à l’entrée en institutionnalisation. D’autres études sont nécessaires et d’autres techniques méritent d’être évaluées : l’utilisation du chant, du théâtre ou encore les pratiques instrumentales.

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