Appelées parfois « cantous », les unités de vie protégées (UVP) ou unités spécialisées Alzheimer sont aujourd’hui présentes dans de nombreux Ehpad. Encadrées par un personnel spécialement formé, les personnes malades peuvent y bénéficier d’un accompagnement pleinement adapté à leurs besoins. 

 

Assises autour d’une table, Andrée, Odette et Françoise* jouent dans la bonne humeur. En compagnie de deux aides-soignantes, elles regardent des cartes représentant des animaux et doivent retrouver leurs noms. Dans l’un des couloirs menant à la salle commune, Anthony, animateur spécialisé en activités physiques adaptées, aide Gisèle* à accomplir le parcours de déambulation qui fait le tour de l’étage.  Au même moment, une aide-soignante tente de rassurer une résidente qui répète sans cesse que « ce n’est pas bon » ce qu’il y a dans son assiette.

Répartie sur 4 étages, l’unité de vie protégée de l’Ehpad Alquier-Debrousse, situé dans le 20ème arrondissement de Paris,  comprend en tout 78 lits. Au 3ème étage, ils sont 19 résidents, tous atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée, à bénéficier des soins et de l’attention d’un personnel spécialement formé, au sein d’un espace adapté à leurs besoins. « Avant, on isolait les personnes touchées par Alzheimer pour qu’elles ne dérangent personne, déplore Xana Roux, directrice de l’établissement. Aujourd’hui, au sein d’une UVP, on cherche davantage à maintenir les capacités des résidents. On essaie de leur offrir la meilleure vie possible en tenant compte de leurs possibilités ». Dès leur arrivée, les résidents se voient ainsi proposer un projet de soins qui prend en compte leurs habitudes de vie. Un dépistage est également effectué pour détecter d’éventuels troubles secondaires.

Théâtre, bistrot et sorties au supermarché

Essentielles au bien-être des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer, les activités et les sorties à l’extérieur sont nombreuses pour les résidents de l’Ehpad Alquier-Debrousse. «Nous les emmenons souvent au supermarché du coin et au bistrot, précise Xana Roux. Ils aiment être dans la vie réelle, choisir leur consommation, payer eux-mêmes… Plutôt que de faire un jardin thérapeutique, nous préférons les faire sortir dans le jardin public comme ça ils côtoient les autres résidents ».

Déchargées du ménage et de la restauration, les aides-soignantes ont quant à elles davantage de temps pour prendre soin des résidents. « Il y a 2 ou 3 soignants en permanence pour chaque étage, précise Xana Roux. Dans une unité classique, c’est plutôt un ratio de 2 soignants pour 30 patients ». Les aides-soignantes travaillant en UVP reçoivent une formation complète de 3 semaines pour maîtriser au mieux toutes les particularités liées à la maladie d’Alzheimer. Leur travail est complété par l’expertise d’autres professionnels de santé : un psychomotricien, une psychologue, un ergothérapeute… Enfin, toutes les ouvertures sont protégées pour prévenir tout risque de fugue.

 « Je suis impressionné quand je vois à quel point certaines familles se sont battues pour maintenir leur proche  à son domicile, reconnaît Xana Roux. Entrer en Ehpad n’est jamais évident mais on constate tout de même que cela se passe mieux pour ceux qui sont passés par l’accueil de jour. C’est en revanche beaucoup plus dur quand il n’y a pas eu de transition entre le domicile et l’établissement ». Au sein de l’UVP de l’Ehpad Alquier-Debrousse, les familles ne sont pas mises de côté, elles sont impliquées dans le projet de soin, elles peuvent manger et même dormir sur place pour rester aux côtés de leur proche.

*Les prénoms ont été volontairement modifiés

Cliquez ici pour retrouvez ci-dessous l’émission 5 minutes sur comprendre sur les Unités de vie protégées avec comme invitée, Xana Roux, directrice de l’Ehpad public Alquier-Debrousse à Paris.