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« L’entreprise a une responsabilité vis-à-vis de ses collaborateurs aidants »

Mise à jour le 28 Juin 2017
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Si les politiques salariales d’accompagnement des aidants en activité peinent à se concrétiser, plusieurs initiatives sont à saluer. Ils sont, pour l’heure, à mettre surtout au crédit de grands groupes industriels. Rencontre avec Élisabeth Alves*, en charge du dispositif d’aides aux aidants familiaux au sein du groupe Casino.

France Alzheimer : Le groupe Casino fait figure d’avant-gardiste dans la mise en place d’une politique globale de soutien des aidants familiaux. Pouvez-vous, en quelques mots, tracer les tenants et aboutissants de celle-ci ?

Élisabeth Alves : « Dans l’esprit de notre groupe, cette politique s’inscrivait dans la droite lignée de notre action en faveur de l’intégration et la prise en compte du handicap au travail. L’initiative s’appuyait également sur une autre réflexion : celle de répondre à une problématique sociétale qui voit la part des aidants familiaux croître chaque année. Notre groupe et nos collaborateurs sont, bien entendu, concernés par cette évolution. C’est pourquoi, en multipliant les partenariats, nous avons développé une politique globale construite autour d’actions ciblées. Je pourrais citer la mise en place de conférences thématiques où ont été abordées les questions de la maladie d’Alzheimer, la scolarisation des enfants, la dépression… Parallèlement, nous avons mis en place des groupes de paroles sur un rythme mensuel. Un abécédaire de l’aidant familial a même été rédigé et transmis à l’ensemble de nos collaborateurs. Je pense enfin à l’organisation d’une plateforme administrative, sans oublier des permanences juridiques. »

 

France Alzheimer : L’action phare reste  le don de journées de congés et de RTT entre salariés. Comment cela fonctionne-t-il ?

E. A. : « La mesure est assez simple et a très vite démontré son efficacité et sa pertinence. Nous avons donné la possibilité à tout collaborateur de placer autant de jours de congés et de RTT dans une sorte de pot commun, sachant que ce don est irrévocable. Ensuite, tout collaborateur aidant familial d’un conjoint, enfant ou ascendant en situation de perte d’autonomie peut bénéficier de ces jours, dans la limite de 12 jours ouvrables, et ce sans perte de salaire. En 2013, 200 jours sont venus garnir ce pot commun, la direction ayant d’office offert 100 jours. Nous avons enregistré 21 demandes de la part d’aidants familiaux. Cette année, ce sont 350 jours qui ont été offerts (dont 100 jours offerts par la direction) et ont permis de répondre aux 29 demandes reçues. Cette augmentation du nombre de jours donnés illustre parfaitement l’engagement et la solidarité entre les salariés. Pour le donneur, il n’y a aucune contrepartie, c’est donc un geste gratuit, solidaire et généreux ! »

 


 

France Alzheimer : Cette politique à l’égard des aidants familiaux repose avant tout sur le développement de partenariats…

E. A. : « La notion de partenariat est même au cœur du dispositif. Une telle action ne peut être menée efficacement que si elle repose sur l’expertise et les compétences d’acteurs locaux que sont les professionnels du secteur médico-social, les bénévoles engagées dans la prise en soin et l’accompagnement des personnes fragilisées par la maladie à l’image de France Alzheimer et maladies apparentées.

Je n’oublie pas dans ce travail collaboratif le rôle joué par nos organisations syndicales et des partenaires comme AG2R la Mondiale. »

 

France Alzheimer : On évoque souvent le statut des aidants accompagnant un conjoint ou un enfant. Qu’en est-il pour ceux accompagnant un ascendant ?

E. A. : «  Le combat est identique quelle que soit la personne accompagnée, qu’il s’agisse d’un enfant, d’un conjoint ou d’un ascendant. Certes, le congé pour les enfants est aujourd’hui inscrit dans les mœurs. Cela s’explique d’autant plus qu’aux yeux du grand public, l’enfant est vu comme une personne fragile qu’il faut soutenir. Mais aujourd’hui, le vieillissement de la population et le développement des pathologies chroniques provoquent une croissance de la part des personnes âgées et avec elle celle des personnes en perte d’autonomie. A l’heure actuelle, la part des aidants accompagnant un enfant est identique à la part de ceux accompagnant un ascendant, d’où la nécessité de développer des actions qui soient assez généralistes pour répondre aux besoins de chacun. Nos salariés font aujourd’hui partie de cette génération-pivot prise entre l’accompagnement de leurs enfants et celui de leurs parents. »

 

France Alzheimer : Trois ans après votre première action, quel bilan tirez-vous de votre engagement en faveur de vos collaborateurs aidants ?

E. A. : « Un bilan assez positif. Bien entendu, certaines thématiques traitées lors de nos conférences n’ont pas attiré les foules. D’autres davantage  comme celle consacrée à la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, d’autres actions sont venues répondre concrètement à un besoin criant. Je pense aux dons de journées, aux plateformes d’échanges et de conseils pratiques. Si la société a une responsabilité vis-à-vis des personnes en perte d’autonomie, si les familles ont une responsabilité vis-à-vis de leur proche malade, chez Casino, société paternaliste de par son histoire, nous estimons que l’entreprise a aussi une responsabilité pour le mieux-être de ses collaborateurs et de leurs proches. Cette idée se développe. J’en veux pour preuve les échanges que le groupe Casino entretient aujourd’hui avec d’autres groupes d’envergure sur cette question. »

 

*Élisabeth Alves est directrice adjointe des relations sociales, directrice santé sécurité au travail et Handipacte du groupe Casino

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