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"Histoires de proches" : plus de 310 témoignages émouvants

Mise à jour le 22 Octobre 2012 | Actualités
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Succès du 1er concours d'écriture destiné aux proches de personnes malades

 

Conjoints, parents, enfants… 312 proches de personnes malades ont participé au concours d'écriture « Histoires de proches », co-organisé par France Alzheimer, France Parkinson, la Ligue contre le cancer, la Ligue Française contre la Sclérose en Plaques et Novartis Pharma. Deux des trois textes lauréats parlent de la maladie d'Alzheimer.

Les aidants jouent un rôle capital dans la prise en soin des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée. Ils assument l'essentiel de l'accompagnement, en particulier pour les personnes malades à domicile. « L'idée d'un concours d'écriture qui leur donnerait la parole nous a naturellement séduits, explique Arlette Meyrieux, présidente de France Alzheimer. « C'est une très bonne idée de donner la plume aux proches des malades, à ceux qui vivent aussi la maladie dans leur âme, si ce n'est dans leur corps, renchérit l'écrivain Eric-Emmanuel Schmitt, parrain du concours. Eux aussi participent aux soins, parfois à la guérison, souvent à la défaite… eux aussi ont besoin d'être compris et entendus. Il y a des douleurs qui n'appellent aucun médicament, sinon l'écoute. »

De l'aveu même du jury, qui a remis les prix aux lauréats lors d'une cérémonie à Paris, le 14 avril, le choix des trois lauréats a été difficile. Poésie, nouvelle, correspondance, quel que soit le genre littéraire choisi, l'émotion et la qualité étaient au rendez-vous. « Les textes retenus sont particulièrement justes dans les ressentis exprimés. Offrant une vision saisissante des traumatismes endurés par les aidants, ils témoignent d'un besoin profond de raconter, d'être entendu, mais aussi de dépasser la souffrance », analyse Arlette Meyrieux. Eric-Emmanuel Schmitt va même plus loin : « J'ai beaucoup appris en lisant ces textes ; j'ai même appris une chose toute simple et cependant si difficile : être un homme. »

Les lauréats du concours qui se sont exprimés sur la maladie d'Alzheimer :

 

Joëlle Blachère (Plan de Cuques - Bouches du Rhône), 1er prix du concours, pour le texte intitulé « Ménage à trois »

« Épouse et accompagnante d'un mari atteint de la maladie d'Alzheimer, j'ai participé à ce concours car j'aime beaucoup écrire depuis toujours et que, pour moi, c'est un formidable exutoire. Dans ce cadre, l'attention portée au texte que j'ai intitulé « Ménage à trois » m'a donné le sentiment d'une double reconnaissance : celle, d'abord, d'un rôle qui, pour être fondamental, n'en reste pas moins encore trop souvent méconnu et sous-estimé dans les problèmes pratiques et affectifs qu'il pose au quotidien ; celle, ensuite, d'une écriture qui me pousse à aller de l'avant malgré tout, dans l'ouverture, la rencontre et l'échange d'expériences avec les autres », affirme Joëlle Blachère.

Extraits : « Un beau matin, en effet, j'ai soudain réalisé que nous n'étions plus deux dans notre vie quotidienne ; tu n'étais plus le « chef de famille », je n'étais plus la « maîtresse de maison ». Nous étions trois : toi, moi, la maladie… Ce tiers infâme, vorace, infatigable, ayant pris possession des lieux en même temps que de ta cervelle nous imposait son tempo, ses humeurs, et nous dictait sa loi avec son cortège de trous de mémoire, de désorientations, d'incohérences, de difficultés de langage, de dépression […]
Mon chagrin, je l'ai compris est intarissable, puisqu'il s'alimente quotidiennement des ravages de la maladie : j'en suis devenue, pour le coup, la spectatrice impuissante et la comptable privilégiée !
Et même s'il m'arrive, parfois, de penser que le mieux serait que l'on ne se réveille pas demain, que l'on en reste là parce que je redoute tellement les tempêtes à venir […] j'en conclus que je suis fière de lui, fière de moi, fière de nous, parce que l'on ne s'en sort pas si mal de cette galère, de ce « ménage à trois » qui aura sûrement raison de notre raison... raison de notre couple… mais sûrement pas raison d'un amour inscrit dans la mémoire vive de nos sens qui en garderont à jamais l'empreinte et lui donneront de ce fait l'ultime réplique : celle d'une histoire unique qui est la nôtre, et qui, pour l'heure n'a pas encore dit son dernier mot ! »

Nicole Rocton (Guebwiller - Haut-Rhin), 2ème prix du concours, pour le texte intitulé « Sans les mots »

 

« Ma mère est atteinte depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer. Ma relation avec elle en a été transformée. Je suis allée la chercher où elle était pour la ramener près de moi. Nous avons vécu des moments à la fois profondément douloureux et privilégiés. Je savais qu'écrire cette expérience serait quelque chose d'important. Sans doute a-t-il fallu que le concours le suggère pour que je m'y engage. Trouver les mots pour dire ce qui se vit sans les mots fut pour moi une sorte d'aventure spéléologique dans un gouffre intérieur », souligne Nicole Rocton.

Extraits : « De ton pays d'Avant, celui qui a pendant un temps effacé l'autre - celui des cinquante années qui ont suivi notre naissance -, tu nous as raconté, pendant la période où il était présent à ta mémoire, ce que nous n'avions pas connu, ce qui s'était inscrit pour s'effacer ensuite, dans le pays de Maintenant, le Pays « Sans les Mots » […].
Dans le pays de Maintenant, le grand rideau de pluie de l'effacement […].
Dans le Pays de Main-Tenant, tenant ta main, nous essayons de décoder les signes du pays Sans-Les-Mots […].
Dans ce pays des cartes brouillées, il nous est arrivé, justement, à nous, tes filles, de décider de te présenter nos cartes d'identité pour te prouver que contrairement à ce que tu nous affirmais à ce moment-là, nous étions bien tes filles. Mais nos deux cartes d'identité entre les mains, tu t'indignais encore : non, ce que nous disions était insensé. […].
Car tel est le secret du Pays insensé, mystérieux, désolant, insondable, douloureux, révolté, inconnu, incontournable de Maintenant : ses chemins seront praticables si nous y cultivons dignité, respect, amour inconditionnel. »

 

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