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Dépister la maladie grâce à une prise de sang

Mise à jour le 14 Décembre 2017 | Actualités
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France Alzheimer et maladies apparentées a récemment dévoilé les 13 projets de recherche en sciences humaines et en sciences médicales que l’Association soutiendra financièrement en 2018. Parmi les lauréats : l’équipe du Dr Jérôme Braudeau dont les travaux doivent rendre plus efficace et plus précoce  le diagnostic. Rencontre*… 

 
France Alzheimer : Pour le grand public, la frontière entre diagnostic et pronostic est parfois floue. Dans quel cadre s’inscrivent vos travaux de recherche ?

Dr Jérôme Braudeau : « Dans le cadre du développement d’un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer qui, aujourd’hui, constitue un enjeu primordial. La démarche scientifique que nous proposons est donc de définir, à l’aide d’un modèle de laboratoire totalement nouveau, les modifications au niveau du sang. Celles-ci pourraient s’avérer être les éléments clés pour le développement d’un test diagnostique de la maladie. »
 
France Alzheimer : Est-il réellement envisageable, à terme, qu’une simple prise de sang permette de diagnostiquer la maladie ?
Dr J. B. : « Le but est effectivement de pouvoir dépister la maladie d’Alzheimer grâce à une simple prise de sang. Il est important que les diagnostics soient simples à réaliser afin de permettre au maximum de personnes d’en bénéficier. A l’heure actuelle, les analyses par imagerie à résonnance magnétique (IRM), par tomographie à émission de positons (TEP) ou par analyse biochimique du liquide céphalorachidien (liquide dans lequel baigne le cerveau) sont trop lourdes et coûteuses pour pouvoir être réalisées dans le cadre d’un dépistage à grande échelle avant l’apparition des troubles cognitifs. Ces développements de tests diagnostiques sanguins ne sont pas spécifiques à la maladie d’Alzheimer, les recherches actuelles, notamment sur le cancer, tendent toutes à inventer des tests diagnostiques sanguins. »
 

Améliorer un diagnostic qui intervient parfois 20 ans après les premiers signes. 

 

France Alzheimer : Quelles sont aujourd’hui les limites du processus actuel de diagnostic ?
Dr J. B. : « Jusqu’à très récemment, le diagnostic de la maladie était basé exclusivement sur un bilan neuropsychologique, réalisé suite aux inquiétudes des familles des patients. Malgré de récentes avancées sur les biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien, leur sensibilité et leur spécificité restent insuffisantes et ne permettent pas de détecter les patients avant l’apparition des symptômes cliniques. Or, les manifestations biologiques de la maladie apparaissent bien avant (parfois 20 ans) la pose du diagnostic clinique. Le diagnostic clinique n’est ainsi posé que lorsque le patient est déjà atteint de troubles de mémoire importants, ce qui rend les chances de succès d’un traitement très minces. Or, le développement de biomarqueurs pronostiques souffre de l’absence de modèles reproduisant fidèlement les stades silencieux de la maladie d’Alzheimer. Afin de répondre à ce besoin, nous avons développé un modèle innovant de la maladie d’Alzheimer chez le rat basé sur une technologie nouvelle (par transfert de gènes).»
 
France Alzheimer : Que répondre à celles et ceux qui pourraient considérer que les résultats de vos travaux ne seront bénéfiques que pour le versant génétique de la maladie ?
Dr J. B. : « La démarche n’est pas restrictive aux seuls cas des formes familiales de la maladie d’Alzheimer qui représentent moins de 5% des cas. Nos travaux étudient les modifications des protéines dans le sang d’un modèle de laboratoire totalement nouveau. Ce modèle de laboratoire n'est pas un organisme génétiquement modifié, nous « obligeons simplement » quelques neurones du cerveau à produire puis à diffuser dans le tissu les produits toxiques de la maladie à partir de l’âge adulte. D’un point de vue génétique, la quasi-totalité du cerveau n’est ainsi pas modifiée et l’animal dans son intégralité est totalement exempt de modification génétique. Ceci est un point important, le modèle que nous avons développé est ainsi le modèle qui actuellement se rapproche le plus des formes non génétique de la maladie. Les découvertes qui en seront issues seront donc transposables aux formes non génétiques, et donc au plus grand nombre. »
 
France Alzheimer : En quoi ce modèle est-il différent, et donc plus pertinent, que les modèles utilisés jusqu’à aujourd’hui ?
Dr J. B. : « Les souris Alzheimer actuelles sont majoritairement transgéniques. Les chercheurs ont manipulé leur génome pour y inclure des gènes actifs dès le stade embryonnaire, des gènes qui provoquent artificiellement la production de protéines toxiques. Dès la naissance, donc, les souris produisent beaucoup trop de protéines neurotoxiques provoquant l'apparition de troubles sans réel rapport avec la pathologie humaine. De plus, aucun de ces modèles ne permet de mimer une progression « naturelle » de la maladie humaine. L’approche que nous avons choisie a été toute autre. L’idée était de mimer au plus près la maladie humaine, tant dans les quantités de toxiques produites que dans le temps de développement de celle-ci. Nous avons ainsi laissé le temps à la maladie de s’installer à partir de l’âge adulte, ce qui a permis de voir apparaitre les caractéristiques biologiques de la maladie comme elles apparaissent chez l’homme. Ceci représente un véritable « saut technologique. »
 
France Alzheimer : Si vos essais s’avèrent concluants, à quand une prise de sang permettant d’apporter un diagnostic fiable ?
Dr J. B. : « C’est un processus long qui nécessite une collaboration étroite entre des structures académiques et privées. Afin d’accélérer le développement de tests diagnostiques mais également le développement de traitements spécifiques aux phases silencieuses, nous sommes actuellement en cours de création de la Start Up AgenT avec mon associé Baptiste Billoir. Cette société de biotechnologies aura pour but d‘aider les différents acteurs du secteur académique et du secteur privé, à développer leurs traitements contre la maladie d’Alzheimer, en validant leur potentiel thérapeutique. L’idée est ainsi de développer un test diagnostique sanguin tout en stimulant l’émergence de traitements pertinents lors des  phases silencieuses. Notre moteur : accélérer le développement de  traitements efficaces pour les patients»
 
*L’intégralité de l’interview du Dr Jérôme Braudeau est à retrouver dans le magazine Contact 120 de décembre (Pour en disposer, rapprochez-vous de votre association départementale).

 

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