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« Les patients sont des acteurs de la recherche »

Mise à jour le 22 Décembre 2016
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Un long parcours sans la certitude de trouver au bout du chemin une réponse thérapeutique efficace. Voilà comment pourrait être imagée l’incertitude qui plane sur les essais thérapeutiques. Pour autant, ces derniers, aux critères d’inclusion très sélectifs, participent à faire progresser la recherche sur les maladies. Les explications du Pr Claire Paquet, neurologue au Centre mémoire et de ressources et de recherche de l’hôpital Lariboisière - Université Paris Diderot.

 
France Alzheimer : Comment définir les essais thérapeutiques et leurs enjeux dans la maladie d’Alzheimer ?

Pr Claire paquet : « Les essais thérapeutiques regroupent toute action de recherche scientifique et médicale qui évalue l’efficacité et les effets secondaires d’une molécule. Cela concerne les essais thérapeutiques chez animal (souris, singe) pour mesurer la toxicité et l’efficacité d’une molécule mais aussi les essais cliniques chez l’Homme. Ces essais cliniques ont été répartis en 4 phases (voir l’article intitulé Médicaments au banc d’essai). D’un point de vue global, il s’agit d’améliorer la santé, les connaissances et les traitements. Concernant la maladie d’Alzheimer, le double enjeu est, d’une part, de traiter les symptômes de la maladie, d’autre part, de ralentir son évolution. Il est certain que si le diagnostic est réalisé très tôt et si on parvient à ralentir l’évolution de la maladie, le patient aura une qualité de vie et une autonomie acceptable. »

France Alzheimer : Beaucoup d’espoirs tournent autour de l’immunothérapie anti-amyloïde. L’immunothérapie est-elle toujours à l’ordre du jour quand on parle d’Alzheimer ?

Pr Cl. P. : « Oui, plus que jamais. Un patient qui souffre de la maladie d’Alzheimer a dans son cerveau des dépôts de protéines Bêta-amyloïde et de protéines Tau. L’hypothèse amyloïde sur laquelle repose le développement des nouveaux médicaments consiste à penser que  Bêta-amyloïde arrive en premier et engendre le dépôt de Tau. Donc, en ciblant Bêta-amyloïde, on suppose que l’on empêchera tau d’apparaître et donc la maladie de se développer. Ce concept a été initié en 1999 par des chercheurs qui ont vacciné des souris et qui ont constaté que quand l’amyloïde disparaissait, les souris allaient mieux. Mais le premier essai thérapeutique centré sur un vaccin anti-amyloïde chez l’Homme ne fut pas concluant avec des réponses immunitaires très variables et des effets secondaires très graves. L’essai a donc été arrêté. Les chercheurs se sont ensuite orientés vers une vaccination passive en injectant aux patients une quantité fixe d’anticorps contre l’amyloïde. A l’heure actuelle, des laboratoires poursuivent des travaux sur des immunothérapies anti-amyloïde. »

« L’essai thérapeutique, c’est un pari sans aucune certitude »

 

France Alzheimer : Des progrès ont-ils été enregistrés ?

Pr Cl. P. : « Oui, en ce qui concerne la connaissance de la maladie. Grâce aux essais thérapeutiques, on sait désormais que lorsqu’on parle de maladie d’Alzheimer, pour 30 % des cas, il ne s’agit pas véritablement d’Alzheimer puisque les protéines Bêta-amyloïde et Tau sont absentes. Il convient donc de mieux définir les patients qui entrent dans les essais thérapeutiques avec une présence obligatoire d’amyloïde. Il faut se souvenir que la première immunothérapie passive n’a pas du tout été efficace, alors que la plus récente centrée sur le  Solanezumab a affiché une tendance positive. Certes, cette différence n’est pas assez importante pour considérer qu’elle soit efficace mais progressivement, on se rapproche d’une efficacité. »

France Alzheimer : Penser un vaccin contre la maladie, est-ce utopique ?

Pr Cl. P. : « Injecter un peptide pour que le patient fasse lui-même sa réponse immunitaire n’est pas utopique. Par contre, je pense qu’il ne s’agira pas d’un traitement unique, mais que nous nous orientons davantage vers des thérapies ou des traitements combinés comme c’est le cas pour le VIH ou le cancer. »

France Alzheimer : Le laboratoire Lilly a récemment fait l’actualité scientifique sur la maladie avec son essai sur le Solanezumab. Malheureusement, cet essai s’est avéré non concluant. Comment la chercheuse que vous êtes a-t-elle accueilli cette annonce ?

Pr Cl. P. : « Mon rôle est d’abord de dire à un patient qui participe à un essai que nous n’avons aucune certitude. Un essai thérapeutique, c’est un pari, sans gage d’efficacité. On part avec un espoir, mais pas avec un a priori. J’ai donc accueilli la nouvelle comme le résultat d’une recherche dont je ne savais pas si elle allait être efficace ou pas. Quand un patient participe à un essai thérapeutique, il ne s’agit pas pour lui d’avoir le traitement qui fonctionne avant tout le monde mais plutôt de confirmer ou non l’efficacité d’un traitement. »

France Alzheimer : Comment expliquez-vous ce revers mais surtout, quelles connaissances a permis cette recherche ?

Pr Cl. P. : « Ce revers a plusieurs explications possibles : soit, l'hypothèse amyloïde n’est pas la bonne et cela remettrait en cause beaucoup de choses dans notre domaine. Je ne pense pas car le Solanezumab a été plus efficace que les autres essais. Donc, nous sommes sur la bonne voie. Nous avons enrichi nos connaissances sur la maladie, le diagnostic. Cet essai a confirmé qu’en donnant un traitement anti-amyloïde à des patients dont le profil est mieux défini, nous obtenions une plus grande tendance à l’efficacité. »

« Important de mieux informer »

 

France Alzheimer : Vous participez à l’essai sur une autre molécule qu’est l’Aducanumab. Pouvez-vous nous présenter le profil des patients concernés par cette étude ?

Pr Cl. P. : « L’Aducanumab, c’est une immunothérapie ou un vaccin passif à l’image du Solanezumab. L’Aducanumab s’adresse à des patients Alzheimer débutant ou pré Alzheimer, atteints de troubles cognitifs très débutants et qui présentent la protéine amyloïde. Ces patients présentent un bon état général et n’ont pas d’autres pathologies lourdes. Bien entendu, il est indispensable que ces patients souhaitent participer à l’essai. Ensuite, il faut qu’il ait un accompagnant qui nous donnera des renseignements sur la mémoire du patient. Si l’on souhaite participer à la recherche, il ne faut pas attendre que la maladie évolue car de plus en plus d’essais thérapeutiques s’adressent à des patients débutants, c’est-à-dire qui ont une forme très légère de la maladie. Il suffit de se rendre dans un centre qui mène des essais thérapeutiques. Il en existe sur tout le territoire national.  Le médecin responsable confirmera la possibilité ou non de participer à cet essai. »

France Alzheimer : La recherche clinique s’appuie sur la participation de patients. Est-ce difficile de recruter des patients pour participer aux essais ?

Pr Cl. P. : « Oui et non. Non, car beaucoup de gens veulent participer à la recherche, avoir accès à de nouvelles molécules. Nous recevons donc de nombreuses demandes.
Oui, car le profil des patients qui peuvent participer à la recherche actuellement est tellement précis que cela restreint les personnes pouvant accéder aux essais. Il faut des patients débutants, or très souvent, les gens réagissent ou sont informés trop tard, une fois que la maladie a bien évolué.
»

France Alzheimer : Comment les patients perçoivent-ils la recherche clinique ? Se voient-ils comme des sujets d’expérimentation, des cobayes ou des bénéficiaires de nouvelles connaissances ?

Pr Cl. P. : « Il y a autant de perceptions de la recherche clinique qu’il y a de personnalités, de  différences socioculturelles. C’est plutôt à nous, chercheurs, de mieux informer les patients. Les gens arrivent avec un idée préconçue qui vient de leur entourage, de leurs propres connaissances, des médias, des associations ou des informations qu’ils ont récupérés sur Internet. Se considérer comme un cobaye serait une erreur car la démarche de l’essai thérapeutique est une démarche volontaire. Les patients que je rencontre se voient plutôt comme des acteurs de la recherche et beaucoup d’entre eux considèrent qu’ils ont de la chance de pouvoir bénéficier de suivis rapprochés et de nouvelles connaissances. »

France Alzheimer : Nous évoquions le recrutement des patients qui peut parfois poser problème. Quels sont, selon vous, les principaux obstacles au développement de la recherche clinique ?

Pr Cl. P. : « L’obstacle majeur, c’est le manque d’informations. Dans d’autres maladies, les associations ont beaucoup communiqué sur les essais thérapeutiques. En ce qui concerne la maladie d’Alzheimer, les essais thérapeutiques sont encore trop récents et l’information n’a pas eu le temps de s’organiser. Il faut à la fois informer sur la maladie qui est encore trop perçue comme une maladie du sujet très âgé. Ce ne sont malheureusement pas ces patients que l’on inclut dans les essais. Or, tant que les personnes ne seront pas diagnostiquées plus précocement, nous ne pourrons pas les inclure dans les essais thérapeutiques. Il faut également informer sur les essais thérapeutiques. Il y a encore beaucoup trop de fausses idées, de faux espoirs qui touchent la recherche clinique, sans parler des mauvaises orientations des patients vers cette même recherche. Par ailleurs, l’autre obstacle est financier. La recherche clinique souffre d’un manque de moyens, de financements. Les protocoles lourds freinent les équipes qui n’ont pas les moyens humains et financiers de prendre la responsabilité de nouveaux essais. »

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